Castel Vins : l'essentiel
- Le 26 juin 2026, DF Holding SA révoque Romy et Alain Castel par vote de défiance — les deux héritiers perdent tous leurs mandats d’administrateur de Castel Vins
- Jean-Charles Morisseau (Bordeaux Vignobles Advisory) prend les rênes opérationnelles ; Gregory Clerc reste directeur général
- La famille Castel craint un démantèlement du pôle vin : 23 châteaux, 6 maisons de négoce, 70 ans d’histoire
- Le 30 juin, la révocation s’étend à Somdia, le bras africain du groupe
- Une audience judiciaire à Singapour est attendue fin juillet 2026
En l’espace de dix jours — du 26 juin au 5 juillet 2026 —, le premier groupe viticole français a traversé une déflagration de gouvernance sans précédent. DF Holding SA, la structure luxembourgeoise qui contrôle 99,99 % de Castel Vins, a révoqué les deux héritiers du fondateur Pierre Castel (99 ans) de leurs mandats d’administrateurs. La famille se bat désormais sur trois fronts judiciaires — en France, à Genève et à Singapour — pendant que la holding réorganise le groupe à toute vitesse. Derrière ces manœuvres, une question tétanise la filière : que va devenir l’empire viticole construit en soixante-dix ans ?
La chronologie de dix jours qui ont tout changé
| Date | Événement |
|---|---|
| 26 juin | DF Holding SA révoque Romy et Alain Castel par vote de défiance — perte de tous leurs mandats dans Castel Vins |
| 30 juin | Révocation étendue à Somdia (bras africain) : Romy Castel perd également son mandat d’administratrice |
| 1er juillet | Jean-Charles Morisseau nommé administrateur de Castel Vins — Gregory Clerc maintenu directeur général |
| 2 juillet | Le Temps (Genève) révèle l’inculpation de Romy Castel pour création et usage de faux en lien avec une procuration au nom de Pierre Castel |
| Fin juillet | Audience judiciaire prévue à Singapour : potentiellement décisive pour l’avenir du groupe |
Le vote de défiance : pourquoi Romy et Alain Castel ont été évincés
Le 26 juin 2026, lors d’une réunion du conseil d’administration de DF Holding SA, les mandats de Romy et Alain Castel sont révoqués. Le motif officiel avancé par la holding : des actes jugés « incompatibles avec les intérêts du groupe ». Alain Castel, qui dirigeait le pôle vin depuis plus de vingt ans, perd du jour au lendemain ses prérogatives sur 23 châteaux bordelais, six maisons de négoce dont la célèbre Maison Nicolas, et des vignobles présents dans plusieurs régions françaises. Romy Castel, fille du fondateur Pierre Castel, perd elle aussi son mandat. La famille conteste ces décisions « avec la plus grande fermeté ».
Le 30 juin, la révocation s’étend à l’Afrique : Romy est également évincée de son mandat au sein de Somdia, le bras africain du groupe actif dans le sucre, les boissons et les eaux. Un signal clair : la holding entend reprendre le contrôle sur l’ensemble du périmètre sans exception.
Retrouvez l’historique de la crise : genèse du conflit Castel Vins.

Morisseau aux commandes, Clerc maintenu — la holding reprend le contrôle
Pour combler le vide laissé par le départ forcé d’Alain Castel, DF Holding a nommé Jean-Charles Morisseau, fondateur de Bordeaux Vignobles Advisory, au poste d’administrateur de Castel Vins. Discret et peu médiatique, il incarne désormais les intérêts de la holding au cœur du pôle vin. Surprise du côté de la direction générale : Gregory Clerc est maintenu en place. La holding distingue clairement le management exécutif — qu’elle juge solide — du conflit d’actionnaires qu’elle entend résoudre par voie judiciaire.
Qui est Jean-Charles Morisseau, le nouvel homme fort de Castel Vins ?
La peur de la vente à la découpe : 70 ans d’empire en jeu
C’est le scénario qui hante la famille Castel : un démantèlement progressif du pôle vin, cédé en tranches à des repreneurs ou à des fonds d’investissement. Gregory Clerc a formellement démenti toute intention de cession. Mais la crainte reste vive. Dans un contexte de marché bordelais sous pression — qui passe pour la première fois sous les 3 millions d’hectolitres vendus — les actifs viticoles ne trouvent plus preneur aussi facilement. Pour qui veut arbitrer, les conditions économiques pourraient un jour précipiter les décisions.
Castel Vins représente bien plus qu’un portefeuille de châteaux : soixante-dix ans de travail, une marque dans cinquante pays, des milliers d’emplois directs et indirects. Le démantèlement d’un tel ensemble n’aurait rien d’anodin pour la filière.

Singapour, fin juillet : l’audience qui pourrait tout changer
La famille Castel ne compte pas se laisser faire. Elle a engagé des procédures judiciaires à Singapour — juridiction reconnue pour son impartialité dans les conflits d’actionnaires internationaux. Une audience est attendue fin juillet 2026. Son issue pourrait redistribuer les cartes sur la gouvernance du groupe.
En parallèle, à Genève, Romy Castel est inculpée pour création et usage de faux : elle aurait fabriqué une procuration générale au nom de Pierre Castel pour l’utiliser dans le bras de fer interne (source : Le Temps, 2 juillet 2026). D’autres procédures sont également en cours en France.
Pierre Castel lui-même, fondateur du groupe à la fin des années 1950, est toujours en vie à 99 ans. Sa capacité à peser sur le destin de l’empire qu’il a construit reste une question ouverte — et potentiellement au cœur des débats judiciaires de juillet.
Ce que ça change pour les amateurs de vins Castel
Pour le consommateur, rien ne change dans l’immédiat. Les bouteilles sont produites, les réseaux de distribution fonctionnent, les caves sont ouvertes. Mais dans les chais et les maisons de négoce, l’incertitude pèse. L’issue de l’audience de Singapour et les arbitrages de DF Holding dans les prochaines semaines diront si l’empire entre dans une ère de stabilité — ou dans une recomposition profonde. Les grands millésimes bordelais traversent des bouleversements qu’on n’avait pas vus depuis longtemps.
Pour explorer les vins de Bordeaux et découvrir les meilleures sélections, consultez notre guide : les meilleures box de vins.
Crédits photos : Featured — Château Kirwan, Margaux, domaine public (C.C. / Wikimedia Commons) · Body 1 — Cave à barriques, à titre d’illustration © Jon / Wikimedia Commons (CC BY 2.0) · Body 2 — Palais de Justice de Bordeaux © CéCédille / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
Questions fréquentes sur la saga Castel Vins
Qui est Romy Castel ?
Romy Castel est la fille du fondateur Pierre Castel (99 ans), bâtisseur du premier groupe viticole et brassicole français depuis les années 1950. Elle a occupé des postes d’administratrice dans plusieurs entités du groupe familial avant d’être révoquée par DF Holding SA en juin 2026. Elle est actuellement sous le coup d’une inculpation à Genève pour création et usage de faux liée à une procuration établie au nom de son père.
Que possède le groupe Castel Vins en France ?
Le pôle viticole de Castel comprend 23 châteaux bordelais, six maisons de négoce dont la célèbre Maison Nicolas, des vignobles dans plusieurs régions de France et des réseaux de distribution présents dans plus de cinquante pays. C’est l’un des actifs viticoles privés les plus importants de France, construit sur soixante-dix ans.
Qu’est-ce qu’un vote de défiance dans une holding ?
Un vote de défiance permet aux actionnaires majoritaires d’une société de révoquer les mandataires sociaux dont les actions sont jugées contraires aux intérêts du groupe. Dans le cas de Castel Vins, DF Holding SA (Luxembourg) a utilisé ce mécanisme pour écarter Romy et Alain Castel de la gouvernance du pôle vin, tout en maintenant le directeur général Gregory Clerc en place.
Quand aura lieu l’audience de Singapour ?
D’après les informations disponibles au 5 juillet 2026, l’audience judiciaire à Singapour — engagée par la famille Castel pour contester les décisions de DF Holding — est attendue fin juillet 2026. Son résultat pourrait redistribuer les cartes sur l’avenir de la gouvernance du groupe. À suivre.







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