Chaleur, sécheresse, marché des grands vins en berne : l’année 2026 n’a pas épargné les maisons de vin. Pourtant, chez Bollinger, le ton est à l’optimisme. Lors de son déjeuner annuel des vendanges à Londres, organisé chaque mois d’octobre, le directeur général de la maison d’Aÿ, Charles-Armand de Belenet, s’est dit « profondément optimiste » pour Bollinger comme pour toute la Champagne. C’est ce que rapporte Vinetur le 15 octobre 2026. Son argument tient en deux mots : la craie et les visiteurs.
Bollinger et le millésime 2026 en bref
- Bollinger salue la qualité de la vendange 2026, malgré une chaleur que son directeur général compare à celle de Barcelone.
- Selon lui, le sous-sol de craie de la Champagne retient l’eau et protège les vignes de la sécheresse.
- Selon Charles-Armand de Belenet, l’œnotourisme représenterait 1 à 5 % du chiffre d’affaires des maisons champenoises, contre environ 25 % pour une entreprise viticole, sans période ni méthode précisées.
- La maison prépare un hôtel, un centre de visite et un restaurant, dont l’ouverture est prévue en 2028.
- Le nouveau chef de cave, Émilien Boutillat, a été présenté publiquement à Londres.
Un été « comme à Barcelone », et une vendange « fantastique »
Le directeur général de Bollinger ne cache pas que le secteur a des raisons de s’inquiéter. « Il est facile de se laisser abattre par le marché et par le climat », a-t-il reconnu devant ses invités. Mais il décrit la récolte 2026 comme une « grande vendange, même fantastique », obtenue dans des conditions qu’il compare à celles de Barcelone. La maison se montre très enthousiaste sur la qualité de la vendange.

Cet enthousiasme rejoint ce que nous racontions pendant les vendanges : en Champagne, 2026 a donné des raisins d’une maturité inhabituelle, au point que la question du degré d’alcool maximal dans l’appellation s’est posée après la canicule. Le Comité Champagne évoquait déjà une vendange au potentiel de très grands vins. Reste à voir ce que donneront les vins une fois en bouteille, dans plusieurs années.
La craie, « un atout stratégique pour les 100 prochaines années »
Pourquoi la Champagne s’en sortirait-elle mieux que d’autres régions ? Pour Charles-Armand de Belenet, la réponse se trouve sous les pieds des vignes. Le sous-sol de craie de la région agit comme une éponge : il garde l’eau et la restitue aux racines pendant les périodes sèches. « Si vous regardez les vignes, elles sont encore très vertes malgré le manque d’eau », a-t-il souligné. Il voit dans ce sous-sol calcaire « un atout stratégique pour les 100 prochaines années ».
La craie de Champagne ne sert pas qu’aux vignes. Les maisons y ont creusé des kilomètres de caves, où la température reste fraîche et stable toute l’année. C’est là que les bouteilles vieillissent avant d’être commercialisées.
L’argument a ses limites, et il vient d’un producteur qui a intérêt à rassurer. Mais il éclaire un débat plus large : face au réchauffement, le type de sol compte autant que la latitude. Pendant que certaines régions plus au sud souffrent, la carte des vignobles français se redessine.
L’œnotourisme, un gisement encore peu exploité en Champagne
C’est sans doute le point le plus intéressant du discours. Selon une estimation avancée par le directeur général de Bollinger, l’œnotourisme pourrait représenter environ 25 % du chiffre d’affaires d’une entreprise viticole, sans période ni méthode précisées. Pour les maisons de Champagne, Bollinger comprise, cette part serait selon lui de 1 à 5 %.
Entreprise viticole : environ 25 %
Maisons de Champagne : 1 à 5 %
Ordres de grandeur avancés par Charles-Armand de Belenet à Londres, en octobre 2026, sans période ni méthode précisées.
Les visiteurs, eux, sont déjà là. D’après lui, la fréquentation de la région a augmenté depuis la pandémie, et Reims serait passée d’un à deux millions de visiteurs, une estimation dont il ne précise ni les années ni le périmètre. Bollinger veut en profiter : après l’inauguration d’un nouveau cellier à Aÿ, la maison prépare un hôtel, un centre de visite et un restaurant, avec une ouverture prévue en 2028. La maison soigne aussi ses fidèles avec des expériences privilégiées, proposées dans son application 1829, comme l’a raconté L’Union. Ces projets tombent à point : en 2029, Bollinger fêtera ses 200 ans.

Bollinger n’est pas seule sur ce créneau. Cet automne, l’opération Vignobles en scène ouvre des domaines au public en Alsace, en Champagne et dans la Loire. Côté public, les moins de 35 ans représentaient la moitié des visiteurs dans un échantillon de 15 000 réservations confirmées en France sur Winalist en 2025, selon l’observatoire Winalist sur l’œnotourisme des millennials.
Un nouveau chef de cave pour « construire la nouvelle Bollinger »
Le déjeuner londonien a aussi servi à présenter Émilien Boutillat, le nouveau chef de cave, arrivé début octobre. Sa nomination avait été annoncée en juin pour succéder à Denis Bunner. Il a auparavant travaillé chez Piper-Heidsieck et Rare. Charles-Armand de Belenet le décrit comme « la meilleure personne pour construire la nouvelle Bollinger ».
Côté bouteilles, le directeur général cite les bons résultats de La Grande Année 2018, la cuvée de prestige millésimée de la maison, et le lancement de PN AYC21, un blanc de noirs centré sur le pinot noir d’Aÿ. Il souligne aussi la légère progression des expéditions de champagne, en hausse de 1,2 % à fin juin 2026 selon le Comité Champagne, alors que la consommation de vin recule dans plusieurs pays. C’est cohérent avec la hausse des expéditions portée par l’export à fin juin 2026, tandis que le marché français restait en retrait.
Et pour vous, qu’est-ce que ça change ?
Si vous aimez le champagne de maison, gardez un œil sur le millésime 2026 : les cuvées millésimées ne sortiront pas avant plusieurs années, mais les premiers retours sont enthousiastes. En attendant, le pinot noir est le cœur du style Bollinger, et notre guide du pinot noir explique ce qu’il apporte aux bulles. Pour situer Aÿ et les grands villages, notre guide des vins de Champagne est un bon point de départ. Et pour goûter des champagnes de vignerons sans vous ruiner, notre comparatif des box de vin recense les formules qui en proposent.
Questions fréquentes sur Bollinger et le millésime 2026
Pourquoi Bollinger est-il si enthousiaste sur la vendange 2026 ?
Lors de son déjeuner annuel des vendanges à Londres, en octobre 2026, le directeur général de Bollinger a décrit une vendange « fantastique », obtenue malgré une chaleur comparable à celle de Barcelone. Il attribue cette réussite en partie au sous-sol de craie de la Champagne, qui retient l’eau.
Qui est le nouveau chef de cave de Bollinger ?
Émilien Boutillat, passé auparavant par Piper-Heidsieck et Rare. Sa nomination a été annoncée en juin 2026, pour succéder à Denis Bunner, et il a pris ses fonctions début octobre 2026.
Peut-on visiter la maison Bollinger à Aÿ ?
La maison développe son accueil : un nouveau cellier a été inauguré à Aÿ, et un hôtel, un centre de visite et un restaurant doivent ouvrir en 2028, selon son directeur général.
Source : Vinetur, 15 octobre 2026, propos tenus lors du déjeuner des vendanges de Bollinger à Londres ; Comité Champagne (expéditions à fin juin 2026) ; L’Union ; Terre de Vins et La Revue du vin de France (nomination d’Émilien Boutillat, juin 2026). Image principale : cour d’honneur de la maison Bollinger à Aÿ, G.Garitan, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Dans l’article : bouteille Bollinger, Geographer, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 ; vignoble de Champagne, Pline, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
À lire aussi
Foire aux vins Leclerc 2026 : catalogue, dates et notre sélection vérifiée
Foire aux vins Auchan 2026 : du 25 septembre, des vins de vignerons et des pépites Bordeaux sous 10 €
Foire aux vins Carrefour automne 2026 : dates, pépites RVF et nos conseils pour bien acheter
Qui est Romy Castel ? Portrait de l héritière discrète du géant du vin français
Foire aux vins Lidl automne 2026 : dates, catalogue et meilleures bouteilles
Foire aux vins Intermarché automne 2026 : dates, catalogue en ligne et conseils d’achat






Connexion rapide pour commenter :