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Vignoble français au coucher du soleil - rapport OIV consommation mondiale vin 2025

Vin : la consommation mondiale au plus bas depuis 1957, les chiffres alarmants de l OIV

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En bref

  • La consommation mondiale de vin a chuté de 2,7 % en 2025, selon le rapport annuel de l’OIV publié le 12 mai.
  • Avec 208 millions d’hectolitres, c’est le niveau le plus bas depuis… 1957.
  • Les États-Unis (-4,3 %), la France (-3,2 %), l’Italie (-9,4 %) et la Chine (-13 %) tirent tous vers le bas.
  • Depuis 2018, la filière a perdu 14 % de sa consommation mondiale — soit plus d’un verre sur sept.
  • La tendance de fond : on boit moins, mais on cherche à boire mieux. C’est précisément là que les box vin ont un rôle à jouer.

Chaque année, l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) dresse l’état des lieux de la filière mondiale. Le rapport 2026, publié ce mardi 12 mai, est sans appel : la consommation mondiale de vin a poursuivi sa descente en 2025, atteignant un plancher inédit depuis près de sept décennies. Un signal fort que la filière ne peut plus ignorer — et que les amateurs de vin ont tout intérêt à comprendre.

208 millions d’hectolitres : le plus bas depuis 1957

En 2025, la planète a consommé 208 millions d’hectolitres de vin. C’est 2,7 % de moins qu’en 2024, et surtout 14 % de moins qu’en 2018. Pour replacer ce chiffre dans son contexte : en 1957, l’humanité était deux fois moins nombreuse qu’aujourd’hui. Que l’on revienne à ce niveau de consommation absolue en 2025, avec 8 milliards d’habitants, dit quelque chose de structurel.

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Ce n’est pas une mauvaise année, pas un accident climatique isolé. C’est une tendance lourde qui s’accélère.

📊 Le chiffre qui fait froid dans le dos

Depuis 2018, la consommation mondiale de vin a reculé de 14 %. À ce rythme, c’est l’équivalent de la production annuelle entière de la France qui disparaît du marché mondial en moins d’une décennie.

Un effondrement global, quelques résistances

La quasi-totalité des grands marchés mondiaux sont dans le rouge. Voici le tableau de bord complet :

Pays / Région Consommation 2025 Variation
États-Unis 31,9 millions hl −4,3 %
France 22 millions hl −3,2 %
Italie 20,2 millions hl −9,4 %
Royaume-Uni 12,3 millions hl −2,4 %
Allemagne 17,8 millions hl
Chine 4,8 millions hl −13 % / −61 % depuis 2020
Portugal 5,6 millions hl +5,6 %
Roumanie 3,5 millions hl +11 %

La Chine mérite une mention spéciale. Sixième consommatrice mondiale en 2020, elle est aujourd’hui onzième. En cinq ans, elle a effacé 61 % de sa consommation de vin. Pékin avait longtemps incarné le rêve expansionniste de la filière — une classe moyenne gigantesque à convertir au verre de rouge. Ce rêve s’est évaporé.

Rares exceptions dans ce tableau morose : le Portugal (+5,6 %), la Roumanie (+11 %) et l’Autriche (+6 %) résistent, voire progressent. Mais leur poids cumulé est trop faible pour compenser.

Pourquoi on boit moins ? Les trois vraies raisons

L’OIV pointe plusieurs facteurs. On peut les résumer en trois blocs :

👥 Le choc générationnel

Les jeunes générations (Gen Z, milléniaux) boivent structurellement moins d’alcool que leurs aînés. Au profit de boissons sans alcool, de bières craft ou d’autres expériences. Cette tendance est installée, pas passagère.

💸 Le pouvoir d’achat rogné

L’inflation post-COVID a durci les arbitrages de consommation. Le vin, produit de plaisir non-essentiel, est l’une des premières lignes à être coupée quand le budget se serre. Aux États-Unis, le rapport OIV cite explicitement « la sensibilité au prix et le pouvoir d’achat contraint ».

🌍 Les chocs géopolitiques

Les droits de douane américains sur les vins importés en 2025 ont coûté 6,7 % de valeur aux échanges internationaux. Les exportations mondiales ont reculé de 4,7 %, à 94,8 millions d’hectolitres. Chaque crise géopolitique se répercute dans les verres.

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La production, elle, résiste — et c’est là le problème

En 2025, les vignes mondiales ont produit 227 millions d’hectolitres de vin. C’est légèrement plus qu’en 2024 (+0,6 %), une année historiquement mauvaise en raison du climat. Mais c’est toujours 9,4 % en dessous de la moyenne des cinq années précédentes.

L’équation est simple et brutale : la demande chute plus vite que l’offre ne se réduit. Résultat : des caves plein es, des prix sous pression, et des domaines qui ne s’en sortent plus. La France a d’ailleurs lancé en 2025 un plan d’arrachage de 130 millions d’euros — 28 000 hectares de vignes qui vont disparaître pour rééquilibrer le marché.

À retenir

La superficie mondiale du vignoble a diminué pour la sixième année consécutive, tombant à 7,0 millions d’hectares en 2025 (−0,8 %). Le monde vitivinicole est en contraction réelle, pas juste conjoncturelle.

Boire moins, boire mieux : une opportunité pour les amateurs éclairés

Ce tableau de crise ne doit pas masquer une réalité plus nuancée pour les amateurs de vin. Si les volumes chutent, le marché du vin de qualité résiste, voire se repositionne.

On le voit dans la montée en gamme des box vin : les abonnés cherchent désormais moins de bouteilles, mais mieux sélectionnées, avec une histoire, un terroir, une rencontre avec un vigneron. La logique du « boire moins mais mieux » rejoint exactement ce que proposent les meilleures enseignes du marché.

C’est aussi ce que confirme la progression des vins No/Low alcool, des vins nature, et des cuvées confidentielles que seule la prescription (sommelier, guide, box vin) permet de découvrir. En période de contraction, la valeur ajoutée — pédagogie, curation, découverte — devient plus précieuse que jamais.

La crise de la filière n’est donc pas forcément une mauvaise nouvelle pour ceux qui aiment vraiment le vin. Elle accélère une sélection : les domaines sans âme et les vins sans histoire seront les premiers à disparaître. Les autres — ceux qui ont une identité forte — s’en sortiront mieux.

Et la France dans tout ça ?

Avec 22 millions d’hectolitres consommés en 2025 (−3,2 %), la France continue sa contraction décennale. La décroissance est lente mais régulière. Le pays qui a inventé la culture du vin est lui-même emporté par le mouvement global.

Pour autant, la France reste un marché de référence : c’est ici que se jouent les tendances (Beaujolais nouveau, rosé de Provence, vins nature), et c’est ici que les domaines qui survivront construisent leur légitimité. L’export reste stratégique — mais les droits de douane US (qui ont déjà coûté 1 milliard d’euros au secteur) compliquent sérieusement l’équation.

Questions fréquentes sur le rapport OIV 2026

Qu’est-ce que l’OIV et pourquoi son rapport est-il important ?

L’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) est l’institution intergouvernementale de référence sur la filière viticole mondiale. Fondée en 1924, elle regroupe 50 États membres et publie chaque année les statistiques officielles de production, consommation et commerce du vin. Son rapport annuel fait autorité dans la filière.

Depuis combien de temps la consommation mondiale de vin baisse-t-elle ?

La tendance baissière est continue depuis 2018. En sept ans, la consommation mondiale a reculé de 14 %, passant d’environ 241 millions d’hectolitres à 208 millions en 2025. C’est le niveau le plus bas depuis 1957.

Quel pays consomme le plus de vin dans le monde ?

Les États-Unis sont le premier marché mondial avec 31,9 millions d’hectolitres en 2025, malgré une baisse de 4,3 %. La France arrive en deuxième position (22 millions hl), suivie de l’Italie (20,2 millions hl). L’Union européenne représente à elle seule 48 % de la consommation mondiale.

Pourquoi la Chine a-t-elle autant réduit sa consommation de vin ?

La Chine a perdu 61 % de sa consommation de vin depuis 2020, passant du 6e au 11e rang mondial. Les raisons sont multiples : essor du baijiu (alcool de sorgho traditionnel), crise économique interne, tensions diplomatiques avec les pays exportateurs de vin (notamment l’Australie), et désaffection de la classe moyenne pour le vin occidental au profit d’autres marques de statut.

Quels pays ont augmenté leur consommation de vin en 2025 ?

Quelques marchés font exception dans la tendance baissière : le Portugal (+5,6 %), la Roumanie (+11 %) et l’Autriche (+6 %) ont progressé en 2025. Mais leur poids dans la consommation mondiale reste trop limité pour compenser les baisses des grands marchés américains, européens et asiatiques.

Le monde boit moins. Vous, vous pouvez boire mieux.

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Jérémy Degryse

À propos de l'auteur

Jérémy Degryse

Grenoblois de 31 ans, passionné de vin depuis que je suis en âge d'en boire (et même un peu avant 🤫), j’adore chiner des pépites en ligne, déguster un bon Bo...

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