Le 11 mai 2026 restera comme l’une des journées les plus singulières de l’histoire récente des primeurs bordelais. Cheval Blanc, l’un des quatre Premiers Grands Crus Classés A historiques de Saint-Émilion, vient d’annoncer la sortie de son millésime 2025 avec deux nouvelles qui ont fait l’effet d’un coup de tonnerre sur la place : 55 000 bouteilles seulement – la plus petite récolte du domaine depuis 1961 – et un prix ex-château de 336 € la bouteille, en hausse de 20 % par rapport au millésime 2024. Une équation rare : moins de vin, plus cher, et pourtant un enthousiasme critique unanime.
📌 En bref — Cheval Blanc 2025 primeurs
- Sortie officielle : 11 mai 2026, prix ex-château 336 € HT (≈ 468 € TTC consommateur)
- Hausse de prix : +20 % vs millésime 2024, qui était lui-même au plus bas depuis 2008 (276 €)
- Production exceptionnellement réduite : 55 000 bouteilles vs 128 000 en 2023, la plus petite récolte depuis 1961
- Particularité historique : 100 % du vin produit est sorti en primeur, sans la réserve habituelle d’un tiers du domaine
- Assemblage final : 51 % Merlot, 45 % Cabernet Franc, 4 % Cabernet Sauvignon — élevage 100 % barriques neuves, livraison début 2028
- Notes critiques : 96/100 Decanter (Georgie Hindle), 97-98 Alexandre MA, 96-99 Antonio Galloni
👉 Pour comprendre la dynamique globale du millésime, voir notre guide des meilleurs millésimes de Bordeaux par appellation.
Une récolte 2025 historiquement basse : le climat a tout décidé
Si 2025 restera dans la mémoire des primeurs bordelais, ce n’est pas pour l’abondance. Au Cheval Blanc, la propriété de 41 hectares plantée sur les graves, argiles et sables de la rive droite, le rendement final s’est effondré : 55 000 bouteilles seulement, contre près de 128 000 en 2023. Un déficit de production supérieur à 55 %. Pour retrouver une récolte aussi limitée à Saint-Émilion sur ce domaine, il faut remonter jusqu’en 1961, à l’exception de 1991 où le vin n’avait tout simplement pas été commercialisé sous l’étiquette principale.
Les conditions climatiques de l’année 2025 sont en cause : gel printanier sélectif, coulure à la floraison sur certaines parcelles de Merlot, puis épisode de sécheresse intense en juillet-août qui a stoppé la maturation des baies les plus exposées. Résultat : des grappes plus petites, des baies à la peau plus épaisse et une concentration aromatique « hors normes » selon les premiers retours des critiques internationaux.

L’assemblage 2025 (51 % Merlot, 45 % Cabernet Franc, 4 % Cabernet Sauvignon) reflète directement cette sélection sévère. Le Cabernet Franc, signature historique du domaine, retrouve une place quasi paritaire avec le Merlot, signe que les parcelles de cabernet ont mieux résisté à la pression climatique. Pour comprendre pourquoi ce cépage fait toute la singularité de Cheval Blanc, le guide complet du Cabernet Franc détaille son profil aromatique et ses terroirs de prédilection.
💡 Le saviez-vous ?
Cheval Blanc est l’une des très rares propriétés bordelaises où le Cabernet Franc joue les premiers rôles. C’est d’ailleurs ce cépage qui a fait la légende du millésime 1947, considéré comme l’un des plus grands vins du XXᵉ siècle. La forte présence du Cabernet Franc en 2025 (45 %) place ce millésime dans la lignée des grandes années « rive droite ».
336 € la bouteille : pourquoi cette hausse de 20 % surprend le marché
Le contexte rend le mouvement d’autant plus marquant. En mai 2025, Cheval Blanc avait sorti son millésime 2024 à 276 € la bouteille, soit une baisse de 29,5 % par rapport au millésime 2023, dans un mouvement collectif de correction où Lafite-Rothschild avait reculé de 27 % et Angelus de 31 %. Le marché des primeurs avait alors fait un constat sévère : les négociants n’écoulaient plus leurs stocks en une matinée comme dans les années 2000.
Un an plus tard, le tableau est différent. Cheval Blanc passe à 336 € ex-château, et le marché de détail oriente le consommateur final vers 468 € TTC la bouteille (1 404 € la caisse de trois bouteilles). Cette hausse de 20 % n’est cependant pas un retour aux folies d’antan : le prix 2025 reste inférieur à tous les grands millésimes récents, à l’exception du 2020, et se situe sous la moyenne sur onze ans (2014-2025).
La logique du domaine est claire : moins de bouteilles + qualité saluée par la critique = prix soutenu, mais raisonnable. Et il existe une originalité de plus, signalée par Liv-ex : l’intégralité du vin produit est sortie en primeur, sans la mise de côté habituelle d’un tiers en cave commerciale, ce qui en fait une opportunité d’allocation unique pour les acheteurs.
Les notes critiques 2025 : un score quasi parfait
Trois grandes voix de la critique internationale ont déjà rendu leur verdict sur Cheval Blanc 2025 :
Le score Decanter de 96/100 est particulièrement éloquent : Georgie Hindle, l’une des critiques les plus rigoureuses sur Bordeaux, n’attribue ce niveau qu’aux millésimes où la matière première égale ou dépasse l’attente du domaine. La fourchette haute d’Antonio Galloni (jusqu’à 99/100) laisse entrevoir un potentiel de garde de 30 à 40 ans, dans la lignée des grands Cheval Blanc « classiques » que sont 2005, 2009 et 2010.
Saint-Émilion vs Pauillac : la rive droite répond à la rive gauche
Cette sortie intervient dans une semaine déjà chargée pour les primeurs 2025. Le matin même, le millésime de Lafite-Rothschild s’est vu décerner la note rarissime de 100/100, ce qui a fait de la commune de Pauillac la star confirmée de la rive gauche. Pour suivre la dynamique de la rive gauche, voir notre article Lafite décroche 100/100, Pauillac sacrée commune star.
Avec Cheval Blanc à 96/100 et probablement 99/100 selon Galloni, la rive droite n’est pas en reste. C’est même un schéma assez rare : un grand millésime « pour les deux rives », ce qui n’arrive pas tous les dix ans. Les comparaisons les plus citées dans les chais bordelais en ce mois de mai 2026 sont 2005, 2009 et 2016 — trois millésimes où Pauillac et Saint-Émilion ont tous deux brillé simultanément.

✅ À retenir pour les acheteurs primeurs
Acheter Cheval Blanc 2025 en primeur, c’est miser sur une rareté garantie (55 000 bouteilles seulement, contre 90 000 à 130 000 habituellement) et un millésime classique au potentiel de garde long. Le risque principal du primeur reste celui de la parité prix à la livraison de 2028 : si le marché secondaire ne suit pas, le bénéfice à terme peut être limité. Pour un investissement plus serein, comparez toujours avec les notes finales (et non en primeurs) des millésimes 2018, 2019 et 2020.
Faut-il acheter Cheval Blanc 2025 maintenant ?
La question divise traders et amateurs. Du côté des arguments en faveur de l’achat immédiat :
- Rareté objective : 55 000 bouteilles distribuées dans le monde entier, c’est très peu pour un Premier Grand Cru Classé A de cette stature.
- Notes critiques très élevées : 96/100 Decanter en fourchette basse, 99/100 Galloni en fourchette haute.
- Prix encore inférieur à 9 des 11 derniers millésimes (hors 2020), malgré la hausse de 20 %.
- Allocation totale en primeur : le domaine ne garde rien pour la vente directe différée, ce qui rend l’opportunité plus rare encore.
À l’inverse, certains analystes (notamment Liv-ex via Romain Grudzinski) rappellent que les baisses de prix consenties en 2024 n’ont toujours pas relancé la machine, et qu’il existe d’abondants stocks de Cheval Blanc 2018, 2019 et 2020 disponibles à des prix proches voire inférieurs à 336 €. La question, pour un acheteur rationnel, est donc : vaut-il mieux acheter maintenant un 2025 noté 96-99 sur primeurs, ou un 2019 déjà sur le marché secondaire, noté ~98 et livré immédiatement ?
La réponse dépend du profil : amateurs cherchant la rareté et l’exclusivité d’une allocation = privilégier le 2025. Acheteurs plus pragmatiques sur le rapport plaisir/prix = piocher dans les millésimes 2018-2020 déjà disponibles. Pour une approche structurée de la cave d’investissement, notre guide des millésimes du vin détaille les critères de sélection par appellation et profil de garde.
Et après ? Le calendrier des sorties à surveiller en mai 2026
Cheval Blanc ouvre la deuxième vague des sorties primeurs 2025 sur la rive droite. Les jours qui viennent seront décisifs pour confirmer ou infirmer la dynamique « millésime des deux rives » :
- Pavie (Saint-Émilion) — attendu d’ici fin mai, dans la même fourchette de prix que Cheval Blanc.
- Ausone — historiquement plus haut en prix (souvent 500 € et plus ex-château), à surveiller pour mesurer l’écart avec Cheval Blanc.
- Pomerol — Pétrus, Le Pin et Lafleur, dont les sorties sont toujours discrètes et chaque année plus tardives.
- Margaux et Latour (rive gauche) — pour compléter le tableau « grands Premiers » du millésime.
Pour qui souhaite déguster sans attendre la livraison 2028, l’alternative reste la box vin Vinabox : nous sélectionnons chaque mois des références bordelaises issues de millésimes déjà bus, à des tarifs sans commune mesure avec ceux des primeurs Cheval Blanc.
FAQ — Cheval Blanc 2025 en primeurs
Quel est le prix de Cheval Blanc 2025 en primeurs ?
Le prix ex-château annoncé le 11 mai 2026 est de 336 € HT la bouteille, soit environ 468 € TTC pour le consommateur final, ou 1 404 € la caisse de trois bouteilles. C’est une hausse de 20 % par rapport au millésime 2024 (276 €), mais le tarif reste inférieur à 9 des 11 derniers millésimes du domaine.
Pourquoi seulement 55 000 bouteilles produites ?
L’année 2025 a combiné gel printanier, coulure à la floraison et sécheresse estivale intense. Le rendement final est tombé à moins de la moitié d’une récolte normale (128 000 bouteilles en 2023). C’est la plus petite production du domaine depuis 1961, exception faite de 1991 où Cheval Blanc n’avait simplement pas commercialisé son grand vin.
Quel est l’assemblage de Cheval Blanc 2025 ?
51 % Merlot, 45 % Cabernet Franc, 4 % Cabernet Sauvignon. C’est une proportion remarquable pour le Cabernet Franc, presque paritaire avec le Merlot — signe que les parcelles de cabernet ont mieux résisté aux aléas climatiques de l’année. Élevage à 100 % en barriques neuves, livraison prévue début 2028.
Quelles sont les notes critiques de Cheval Blanc 2025 ?
Decanter (Georgie Hindle) : 96/100. Antonio Galloni (Vinous) : 96-99/100. Alexandre MA : 97-98/100. Les trois critiques convergent sur la précision aromatique et le potentiel de garde long. Aucune note finale Wine Advocate ou James Suckling n’est encore publiée à la sortie primeur.
Cheval Blanc 2025 est-il un bon investissement ?
Réponse nuancée. Pour : rareté objective (55 000 bouteilles), notes très élevées, 100 % du vin sorti en primeur. Contre : les baisses de 2024 n’ont pas relancé le marché secondaire, et il reste beaucoup de Cheval Blanc 2018-2020 disponibles à prix proches. Comparez systématiquement avec les notes finales (et non en primeurs) avant de vous engager.
Quand est livrée la bouteille Cheval Blanc 2025 ?
La livraison est prévue début 2028, soit environ deux ans après la souscription primeur. C’est la règle classique du marché bordelais en primeur : on paye à la sortie, on reçoit après l’élevage en barriques (24 mois en moyenne) et la mise en bouteille au domaine.
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