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Vignoble languedoc hérault crise viticole distilleries éthanol vinique

Éthanol vinique : la filière menace le gouvernement d’une «\déclaration de guerre»\ si les distilleries ne sont pas sauvées

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L'essentiel en 30 secondes

  • La filière viticole française menace le gouvernement d’une « déclaration de guerre » si les distilleries et l’éthanol vinique ne reçoivent pas de soutien public d’ici fin 2026.
  • L’éthanol vinique est l’alcool produit par distillation des vins excédentaires. Il est utilisé dans les biocarburants, les cosmétiques et la pharmacie.
  • Sans distilleries actives, les surplus de vin n’ont plus d’exutoire. Les prix s’effondrent. Les domaines ferment.
  • Le Sénat a mis le sujet sur la table. Le gouvernement tarde à répondre.
  • La crise des distilleries est le prolongement direct de la chute de consommation mondiale de vin, qui touche d’abord les régions productrices du Sud.

La colère de la filière viticole française ne se limite plus aux vignes. Ce mardi 22 septembre, Vitisphere rapporte que la profession agricole est « à deux doigts » de lancer une déclaration de guerre formelle au Sénat et au gouvernement si les distilleries viticoles et l’éthanol vinique ne sont pas soutenus financièrement avant la fin de l’année. C’est une fissure de plus dans un édifice déjà fragilisé par deux ans de marasme.

L’éthanol vinique, filet de sécurité méconnu de la filière

Quand une cave produit plus de vin que le marché ne peut absorber, que faire des cuves pleines ? La réponse historique s’appelle la distillation de crise. Les excédents sont envoyés aux distilleries viticoles, transformés en éthanol pur, puis revendus à l’industrie : biocarburants E10, gel hydroalcoolique, parfums, médicaments.

Ce mécanisme a deux avantages. Il dégorge le marché, ce qui soutient les prix. Et il évite des faillites en cascade dans les régions les plus fragiles, là où les vignerons n’ont pas accès à la vente directe ni à l’export haut de gamme. Le Languedoc, le Roussillon, le Sud-Ouest sont les premiers concernés.

Ce circuit fonctionne tant qu’il est rentable pour les distilleries. Or il ne l’est plus vraiment. La politique nationale sur les biocarburants a évolué. La compétitivité de l’éthanol de betterave et de céréale a augmenté. Les distilleries viticoles, dont beaucoup sont vieillissantes, tournent avec des marges négatives.

Vignoble dans l'Hérault, Languedoc — crise de l'éthanol vinique et des distilleries 2026
Vignoble à Adissan (Hérault). C’est dans ces régions que la disparition des distilleries ferait le plus de dégâts. Photo : Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0.

Pourquoi le gouvernement est dans le viseur

Les organisations professionnelles demandent depuis des mois une « contribution nationale » pour maintenir le réseau de distillation. En clair : une aide publique qui garantisse aux distilleries une viabilité économique même quand les cours de l’éthanol végétal sont bas.

Le Sénat a été saisi. Des sénateurs de tous bords ont relayé l’alerte, en particulier ceux des régions viticoles. Mais le gouvernement reste dans l’expectative, sans engagement chiffré ni calendrier précis.

C’est cette attente qui fait monter la pression. La filière ne demande pas la lune : elle veut un signal clair avant les arbitrages budgétaires de l’automne 2026. Faute de réponse, les organisations professionnelles seraient prêtes à durcir le ton, jusqu’à une mobilisation nationale visible.

Le timing n’est pas anodin. Le Roussillon vient de perdre 4 caves coopératives et 47 % de ses ventes. Une AOC entière a disparu du paysage viticole français. Chaque semaine apporte son lot de mauvaises nouvelles. Enlever le filet de sécurité des distilleries maintenant, c’est prendre le risque d’un effondrement en série.

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Ce que ça change pour les amateurs de vin

La question peut sembler lointaine quand on ouvre une bouteille un soir d’automne. En réalité, le réseau des distilleries conditionne la survie de régions entières qui produisent des vins accessibles et réguliers, souvent vendus entre 5 et 15 euros en grande distribution ou dans les coffrets vin abonnement.

Si les distilleries s’arrêtent, les surplus s’accumulent dans les caves. Les prix tombent sous les coûts de production. Les vignerons arrêtent. Les vignes sont arrachées. Dans dix ans, certains vignobles que vous appréciez aujourd’hui n’existent plus.

C’est ce scénario que la profession essaie d’empêcher. Et c’est ce que le gouvernement devrait avoir en tête quand il reçoit les sénateurs des régions viticoles cet automne.

Questions fréquentes sur l’éthanol vinique

Qu’est-ce que l’éthanol vinique exactement ?

C’est l’alcool éthylique produit par distillation du vin ou de sous-produits viticoles (lies, marcs). Il est chimiquement identique à d’autres éthanol, mais d’origine viticole. Il entre dans la composition des biocarburants E10, des parfums, de certains médicaments et des désinfectants.

La distillation de crise est-elle une pratique ancienne ?

Oui. Elle existe sous différentes formes depuis les années 1970, notamment dans le cadre de la politique agricole commune (PAC). Les mécanismes ont été modifiés plusieurs fois, mais l’idée de base reste la même : absorber les surplus pour stabiliser les marchés.

Combien de distilleries viticoles existe-t-il en France ?

Environ 150 à 180 distilleries viticoles sont recensées sur l’ensemble du territoire, avec une forte concentration dans le Languedoc-Roussillon, l’Armagnac, le Cognac et le Val-de-Loire. Beaucoup sont des structures coopératives vieillissantes.

Pourquoi l’éthanol de betterave concurrence-t-il l’éthanol vinique ?

L’éthanol de betterave à sucre ou de céréale est produit en très grandes quantités, avec des coûts maîtrisés. Les distilleries agricoles qui le produisent bénéficient d’économies d’échelle. L’éthanol vinique, produit en quantités plus faibles et avec des installations vieillissantes, a du mal à aligner ses prix sur un marché libéralisé.

Source : Vitisphere, 22 septembre 2026.

À lire aussi sur Vinabox : Roussillon : -47 % de ventes, 4 caves coopératives ferméesLa première AOC à s’éteindre en France : Saint-Sardos.

Vous cherchez des vins de régions qui se battent pour survivre ? Nos coffrets vin sélectionnent des domaines engagés, souvent dans ces mêmes vignobles fragilisés.


Photo featured : vignoble à Adissan (Hérault), Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0, auteur Nonmember1.



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Jérémy Degryse

À propos de l'auteur

Jérémy Degryse

Grenoblois de 31 ans, passionné de vin depuis que je suis en âge d'en boire (et même un peu avant 🤫), j’adore chiner des pépites en ligne, déguster un bon Bo...

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