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Vignobles de Belvès-de-Castillon, Gironde, AOC Castillon Côtes de Bordeaux

88 % des vignes arrachées en Gironde restent en friche : Bordeaux face au vide de l’après-arrachage

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L'après-arrachage en Gironde en bref

  • 88 % des surfaces de vignes arrachées étudiées restent en herbe, sans culture
  • Détail : 41 % de friches, 37 % de prairies, 9 % de surfaces temporairement non exploitées
  • Seulement 12 % portent une culture de diversification
  • Le vignoble girondin est passé de 118 000 ha en 2019 à environ 75 000 ha attendus fin 2026
  • Étude de la DDTM de la Gironde sur 4 714 ha arrachés entre 2022 et 2025

Que deviennent les vignes arrachées de Bordeaux ? Pour l’essentiel, rien. Une étude de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de la Gironde, présentée fin juin 2026, montre que 88 % des surfaces de vignes arrachées qu’elle a examinées sont restées en herbe : friches, prairies ou parcelles laissées sans exploitation. La diversification agricole, souvent présentée comme la suite logique de l’arrachage, ne concerne qu’une parcelle sur huit.

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88 %
des surfaces arrachées étudiées restent en herbe, sans culture
12 %
seulement portent une culture de diversification
75 000 ha
de vignes attendus en Gironde fin 2026, contre 118 000 ha en 2019

Ce que montre l’étude de la DDTM

Les services de l’État ont analysé un échantillon de 4 714 hectares, soit 11,6 % des parcelles de vignes arrachées en Gironde entre 2022 et 2025. Les chiffres ont été présentés par Jean-Yves Carlier, directeur adjoint de la DDTM, lors de l’assemblée générale de l’Alliance des récoltants, le 24 juin 2026 au château Barre Gentillot à Arveyres, et rapportés par Vitisphere.

Usage après arrachage Surface Part
Friches1 917 ha41 %
Prairies1 742 ha37 %
Cultures de diversification574 ha12 %
Surfaces temporairement non exploitées419 ha9 %
Autres surfaces herbacées61 ha1 %

Échantillon de 4 714 ha arrachés entre 2022 et 2025. Source : DDTM de la Gironde, via Vitisphere (3 juillet 2026).

« La diversification cultivée reste marginale », résume Jean-Yves Carlier. Et de préciser : « 88 % des surfaces reconverties restent enherbées ». À l’échelle du département, la DDTM évalue à environ 35 000 hectares les anciennes vignes qui n’ont pas trouvé de nouvelle culture, auxquels s’ajoutent quelque 6 000 hectares de friches.

Un vignoble qui a perdu un tiers de sa surface

Le vignoble girondin culminait à 118 000 hectares en 2019. La DDTM table sur environ 75 000 hectares fin 2026, soit une perte d’environ 40 000 hectares en sept ans. « C’est astronomique », commente Jean-Yves Carlier. Le mouvement continue : pour la campagne d’arrachage aidé de 2026, rémunérée 4 000 euros par hectare, la Gironde a déposé des demandes portant sur 7 825 hectares, soit 28 % de la demande nationale.

Les chiffres officiels du ministère de l’Agriculture vont dans le même sens. Selon la DRAAF Nouvelle-Aquitaine, la Gironde comptait 91 543 hectares de vignes en production en 2025, en baisse de 9 % sur un an. Entre août 2023 et mai 2026, environ 21 000 hectares ont été arrachés, dont 12 284 hectares avec une aide publique.

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Pourquoi la reconversion ne décolle pas

Le profil des propriétaires pèse lourd. Lors du dernier appel à manifestation d’intérêt lancé pour trouver de nouveaux usages à ces terres, peu de candidats voulaient se diversifier : la plupart approchaient de la retraite ou cherchaient à sortir de l’agriculture. Se lancer dans une nouvelle production demande un investissement et des débouchés qu’un viticulteur proche de la retraite a rarement envie d’engager.

Une partie des propriétaires garde aussi ses terres en attendant des jours meilleurs. « Certains pensent encore au rebond, ils gardent du foncier en se disant que ça va repartir. Les chiffres ne l’indiquent pas, mais on peut se tromper », note le directeur adjoint de la DDTM.

Ce que ça change pour les vins de Bordeaux

L’arrachage vise à réduire une production que le marché n’absorbe plus, surtout pour les bordeaux d’entrée de gamme. Moins de vignes, c’est moins de volumes à écouler à terme, mais la crise reste ouverte : stocks importants, distillation de crise prolongée et caves coopératives en difficulté. Nous avons détaillé ce double étau dans Bordeaux 2026 : trop chaud pour produire, trop plein pour vendre, et le paradoxe des vignes vendangées une dernière fois avant arrachage dans cet article.

Questions fréquentes sur l’arrachage des vignes en Gironde

Que deviennent les vignes arrachées en Gironde ?

Selon une étude de la DDTM de la Gironde portant sur 4 714 hectares arrachés entre 2022 et 2025, 88 % des surfaces restent en herbe : 41 % de friches, 37 % de prairies, 9 % de surfaces temporairement non exploitées et 1 % d’autres surfaces herbacées. Seulement 12 % accueillent une culture de diversification.

Combien d’hectares de vignes Bordeaux a-t-il perdus ?

Le vignoble girondin est passé de 118 000 hectares en 2019 à environ 75 000 hectares attendus fin 2026 selon la DDTM, soit environ 40 000 hectares de moins. La DRAAF Nouvelle-Aquitaine recensait 91 543 hectares de vignes en production en 2025.

Combien rapporte l’arrachage d’une vigne en 2026 ?

L’aide à l’arrachage de la campagne 2026 est de 4 000 euros par hectare. La Gironde a déposé des demandes pour 7 825 hectares, soit 28 % de la demande nationale.

Sources : Vitisphere, Alexandre Abellan, 3 juillet 2026, « 88 % des parcelles de vignes arrachées en Gironde ne sont plus cultivées » ; DRAAF Nouvelle-Aquitaine, Essentiel n° 80, la filière viticole girondine, édition 2026. Photo : Gilles Guillamot, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons (vignoble de Belvès-de-Castillon, Gironde).

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