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Vue Pic Saint Loup Herault

80 % de la récolte détruite en 25 minutes : la grêle s’acharne sur Pic-Saint-Loup et Montlouis

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Grêle sur Pic-Saint-Loup et Montlouis : ce qu'il faut retenir

  • Le 29 juin, un orage de 25 minutes a détruit jusqu’à 80 % de la vendange à Lauret (Pic-Saint-Loup)
  • Le 27 juin, la grêle a frappé Montlouis-sur-Loire — déjà affaiblie par le gel (−15 à 20 %) et la canicule
  • L’été 2026 cumule incendie, canicule et grêle : sixième sinistre climatique majeur en un mois dans le vignoble français
  • Les vignerons appliquent du cuivre en urgence pour éviter que le mildiou colonise les blessures de grêle
  • Le millésime 2026 s’annonce comme l’un des plus difficiles depuis une décennie

En vingt-cinq minutes chrono, un orage de grêle a réduit à néant jusqu’à 80 % de la récolte dans plusieurs parcelles du Pic-Saint-Loup, le 29 juin 2026. Pendant ce temps, à 500 kilomètres au nord, le vignoble de Montlouis-sur-Loire encaissait un troisième coup dur en quelques semaines — après le gel de printemps et la canicule de fin juin. L’été 2026 ressemble à un catalogue des catastrophes climatiques pour la viticulture française.

Vignes au pied du Causse de l'Hortus, AOC Pic-Saint-Loup (Hérault)
Vignoble au Causse de l’Hortus — AOC Pic-Saint-Loup (Hérault) © Manuel Ibanez / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Lauret, l’épicentre : « Les grêlons ont tout détruit »

Le lundi 29 juin à l’heure du déjeuner, la commune de Lauret, au cœur de l’AOC Pic-Saint-Loup en Languedoc, a été balayée par un orage aussi bref que dévastateur. Vingt-cinq minutes. 5 mm de pluie. Et des grêlons qui n’ont laissé aucune chance aux raisins.

« Les grêlons ont tout détruit, les feuilles, les rameaux, les baies », témoigne Guilhem Viau, vigneron à la Bergerie du Capucin, qui exploite 15 hectares à Lauret. Dans les secteurs de Cantafaroune, de la Défriche, de Valcyre et de Sauteyrargues, les estimations de pertes atteignent 80 % de la récolte — contre 20 à 30 % dans les zones périphériques de Valflaunès et Claret.

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Henri Breton, vigneron au Domaine Desvabre et nouveau président de l’appellation, confirme l’ampleur inédite du sinistre : l’orage du 29 juin surpasse déjà celui d’août 2016, jusqu’alors référence pour les dégâts de grêle dans ce secteur.

Les raisins endommagés se nécrosent et tombent rapidement. Pour les grappes épargnées, le risque est inverse : sans feuillage pour les protéger, elles s’exposent à la brûlure solaire, phénomène déjà documenté lors de la canicule de fin juin qui a ravagé le vignoble d’Occitanie. Le Grenache, cépage roi de l’appellation, est particulièrement vulnérable à ce double stress thermique et mécanique.

Montlouis : la triple peine

Deux jours plus tôt, dans la nuit du 27 juin, c’est la Loire qui encaissait un orage de grêle sur l’appellation Montlouis-sur-Loire. Les communes de Montlouis et Saint-Martin-le-Beau sont les plus touchées : environ un tiers du vignoble a été impacté, avec des parcelles enregistrant 15 à 40 % de pertes sur les grappes. Les grêlons, de la taille d’une noisette à celle d’un cochonnet selon les témoignages, ont éclaté ou fissuré une partie des baies dans l’est de l’appellation.

Pour les vignerons de Montlouis, c’est la troisième mauvaise nouvelle consécutive. Au printemps, le gel avait déjà détruit 15 à 20 % de la récolte potentielle. Début juin, la grillure liée aux fortes chaleurs avait brûlé une partie du feuillage. La grêle du 27 juin s’ajoute à ces deux sinistres antérieurs.

« Le contexte est difficile, mais l’orage a au moins apporté 30 mm d’eau aux vignes, très assoiffées », tempère Ludovic Chanson, vice-président de l’ODG Montlouis. Une maigre consolation. Les vignerons ont immédiatement appliqué du cuivre en urgence pour éviter que le mildiou ne s’engouffre dans les blessures laissées sur les baies éclatées.

Millésime 2026 : l’été de tous les dangers

Ces deux orages de grêle s’inscrivent dans une série climatique sans répit depuis le printemps 2026 :

Date Événement Zone Impact
Printemps 2026 Gel Loire (Montlouis) −15 à 20 % récolte
27 juin Grêle Montlouis-sur-Loire 1/3 vignoble, 15-40 % pertes
28-29 juin Canicule 40 °C Occitanie, Charentes Échaudage, brûlures, −12 % poids/baie Syrah
29 juin Grêle (25 min) Lauret, Pic-Saint-Loup Jusqu’à 80 % à l’épicentre
1-2 juillet Incendie Minervois (Aude/Hérault) 900 ha de végétation détruits

Ce cumul d’aléas rappelle que les vendanges 2026 s’annoncent historiquement précoces — dès le 16 juillet à Fitou selon les premières estimations — et sous haute surveillance. Le millésime 2026 sera marqué, mais sa qualité finale dépendra des semaines à venir.

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Ce que font les vignerons maintenant

👉 Protocole d’urgence post-grêle
1. Applications de cuivre immédiates sur les plaies (risque mildiou élevé après pluie)
2. Argile protectrice sur les grappes restantes exposées au soleil
3. Recensement des dégâts parcelle par parcelle pour déclaration calamités agricoles (délai : 15 jours)
4. Décision sur la vendange en vert des zones les plus atteintes

Dans les secteurs ayant mis en place un palissage adapté contre la canicule, le feuillage relevé a peut-être joué un rôle de bouclier partiel contre les grêlons obliques. Mais aucune technique ne résiste à des grêlons tombant à grande vitesse pendant 25 minutes sur des grappes déjà fragilisées.

Pour les vignobles les moins touchés, une lueur d’espoir : après les aléas climatiques de 2003 ou 2017, la concentration des raisins rescapés a parfois produit des vins d’une intensité remarquable. Ce n’est pas une garantie — mais c’est une tradition de résilience dans laquelle la viticulture française a souvent puisé sa force.

FAQ — Grêle dans les vignes

Peut-on encore faire du vin avec des raisins abîmés par la grêle ?

Cela dépend de l’intensité. Des blessures légères (15-30 % des grappes) permettent une vinification après tri sévère à la vendange. À 80 % de pertes comme à Lauret, la récolte est quasi nulle. Pour les zones intermédiaires, certains vignerons pratiquent la « vendange en vert » : ils coupent les grappes les plus abîmées pour que la plante concentre ses ressources sur les raisins sains restants.

Pourquoi le mildiou est-il un risque après la grêle ?

Les grêlons créent des plaies ouvertes sur les baies, les feuilles et les rameaux — autant de portes d’entrée pour le champignon Plasmopara viticola. Si la pluie accompagnant l’orage maintient une humidité élevée (supérieure à 80 % à 20 °C), le champignon peut coloniser les blessures en 24 à 48 heures. D’où les applications d’urgence de cuivre observées à Montlouis dès le soir du 27 juin.

Les vignerons sont-ils assurés contre la grêle ?

La grêle est couverte par les assurances multirisques climatiques agricoles (MRC) depuis la réforme de 2023. Mais les franchises — souvent 20 à 30 % des pertes — et les délais de déclaration contraignent les vignerons. En cas de dégâts exceptionnels, le classement en « calamités agricoles » par le ministère de l’Agriculture permet des indemnisations complémentaires. La déclaration doit être faite dans les 15 jours suivant le sinistre.

La concentration des raisins rescapés peut-elle améliorer la qualité du vin ?

C’est l’argument de consolation traditionnel — et il est partiellement fondé. Après grêle ou sécheresse, les raisins restants concentrent davantage leurs sucres et arômes, la plante leur consacrant toutes ses ressources. Ce phénomène a produit de grands millésimes après 2003 (canicule record) dans certaines appellations. Mais cela suppose que les grappes restantes soient saines — pas nécrosées ou attaquées par le mildiou post-grêle.

Vous souhaitez soutenir les vignerons français et explorer les millésimes de ces régions malgré les aléas ? Découvrez notre sélection Vinabox, qui met en avant les producteurs indépendants du Languedoc et du Val de Loire.

Crédits photos — Featured : Saint-Martin-de-Londres, vue sur le Pic Saint-Loup © Havang(nl) / Wikimedia Commons (CC0 Domaine public). Corps : Vignes au Causse de l’Hortus © Manuel Ibanez / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).

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Jérémy Degryse

À propos de l'auteur

Jérémy Degryse

Grenoblois de 31 ans, passionné de vin depuis que je suis en âge d'en boire (et même un peu avant 🤫), j’adore chiner des pépites en ligne, déguster un bon Bo...

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