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Vignobles de Bordeaux en automne exports vins de France

Le Scotch zéro taxe aux États-Unis : les vins français, eux, attendent toujours

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En bref — Tarifs douaniers USA

  • Le 24 juillet 2026, les États-Unis ont supprimé tous les droits de douane sur le Scotch whisky dans le cadre d’un accord commercial avec le Royaume-Uni.
  • Les vins et spiritueux français restent soumis à un tarif de 15 % à l’entrée sur le territoire américain, issu du deal UE-US entré en vigueur le 1er juillet 2026.
  • La filière Cognac affiche déjà une chute de 23,8 % de ses ventes, les exportations vers les États-Unis ayant reculé de 21 %.
  • Les États-Unis représentent près d’un cinquième des exportations françaises de vins et spiritueux, soit 2,9 milliards d’euros.
  • La France mène des négociations en vue d’une exemption, mais la menace d’une taxe à 200 % resurgit de temps à autre dans la diplomatie trumpienne.

Le 24 juillet 2026, le gouvernement britannique a eu de quoi lever son verre. Ce jour-là, les États-Unis ont officiellement mis fin aux droits de douane qui pesaient sur le Scotch whisky depuis 2019, ramenant le tarif à zéro. Une victoire diplomatique obtenue dans le sillage de la visite d’État du roi Charles III à Washington au printemps, que Donald Trump a voulu couronner d’un geste commercial fort envers son allié britannique. Pendant ce temps, les vignerons français, eux, ont continué de regarder l’horizon américain avec des yeux de Tantalus : 15 % de tarif à l’entrée, des ventes qui reculent, et un accord commercial franco-américain qui tarde à délivrer ses promesses.

Vignoble de Bordeaux, premier vignoble exportateur de France vers les États-Unis
Les vignobles de Bordeaux, durement touchés par les tarifs douaniers américains. © davitydave CC BY 2.0

Le Scotch, grand gagnant de la diplomatie Trump-Charles III

La décision américaine, prise après la visite royale d’avril 2026, est claire : les whiskies écossais et, plus largement, tous les whiskies britanniques entrent désormais aux États-Unis sans aucune taxe d’importation. C’est la fin d’un long calvaire pour la filière : en 2019, l’administration Trump avait imposé une surtaxe de 25 % sur le Scotch dans le cadre d’un différend commercial sur l’aéronautique (Boeing vs Airbus). Biden avait suspendu ces droits en 2021, mais Trump les avait réintroduits dès son retour, à hauteur de 10 %, avec une menace de montée à 25 % pour les single malts.

La suppression totale annoncée le 24 juillet est donc un tournant majeur pour l’industrie scotch. The Spirits Business et The Drinks Business, deux publications spécialisées britanniques, ont salué la nouvelle d’une seule voix. Le Premier ministre écossais s’est lui-même félicité d’une « bonne journée pour l’Écosse ». Les exportations de Scotch vers les États-Unis, qui représentent le premier marché mondial de la catégorie, pourraient bondir significativement dans les prochains mois.

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Mais ce deal, s’il est une victoire pour le Royaume-Uni, souligne brutalement l’écart avec la situation des producteurs français.

Les vins et cognacs français : 15 % de taxe, et ça continue

Depuis le 1er juillet 2026, le grand accord commercial UE-US a théoriquement stabilisé les choses côté européen. Les vins et spiritueux français sont soumis à un tarif plafond de 15 % à l’entrée du marché américain. C’est une amélioration par rapport à la menace d’une taxe à 25 % ou 50 % brandissée à plusieurs reprises depuis 2025, mais ce n’est pas zéro. Loin de là.

Le résultat sur les volumes est douloureux, notamment pour le Cognac, joyau de l’export français. La filière charentaise affiche une chute de 23,8 % de ses ventes totales, les exportations vers les États-Unis s’étant contractées de 21 % selon la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux. Avec 2,9 milliards d’euros représentant environ un cinquième des exports de la filière, le marché américain est trop important pour être sacrifié.

Les vins de Bordeaux, premier vignoble exportateur vers les États-Unis en valeur, sont également en première ligne. La concurrence d’un Scotch redevenu zero-tariff fragilise davantage les spiritueux français premium — armagnac, cognac, calvados — dans les rayons américains, où les arbitrages du consommateur se font souvent au centime près.

0 %
Tarif USA sur le Scotch whisky
(depuis le 24/07/2026)

15 %
Tarif USA sur les vins français
(accord UE-US depuis 01/07/2026)

−23,8 %
Chute des ventes de Cognac
(impact tarifs + marché US)

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Pourquoi le vin français n’a pas obtenu le même traitement

La différence fondamentale tient à la géopolitique et aux leviers de négociation. Le Royaume-Uni a su capitaliser sur deux atouts que la France, dans le cadre européen, ne possède pas seule : une relation bilatérale directe avec Washington d’une part, et la visite d’État royale comme monnaie diplomatique d’autre part. Trump a accordé au roi Charles III ce qu’il n’avait pas accordé aux institutions de Bruxelles.

La France, pour sa part, négocie en tant que membre de l’Union européenne. L’accord UE-US entré en vigueur le 1er juillet est le résultat de ce cadre collectif — avec ses avantages (poids du bloc) et ses inconvénients (négociation plus longue, concessions plus complexes). Les 15 % du plafond tarifaire représentent le résultat de ces tractations collectives, mais ils signifient que ni le Champagne, ni Bordeaux, ni le Cognac ne bénéficient aujourd’hui du même avantage concurrentiel que le Scotch.

Il faut ajouter un facteur de risque supplémentaire : la France est régulièrement la cible de menaces tarifaires spécifiques de Donald Trump, qui a évoqué à plusieurs reprises des droits à 200 % en représailles à des positions françaises dans des dossiers géopolitiques (notamment les négociations sur Gaza). Ces sorties créent une incertitude structurelle pour la filière, même si elles n’ont pas encore été traduites en décisions.

Pour les vignerons, la bataille commerciale continue

Dans les chais de Bordeaux comme dans ceux du Cognac, la nouvelle du 24 juillet n’a pas suscité l’enthousiasme. Elle a surtout renforcé le sentiment d’une inégalité de traitement entre des produits premium concurrents sur les mêmes étagères américaines. Un Scotch repassé à zéro taxe peut baisser ses prix ou augmenter ses marges. Un Cognac à 15 % n’a pas cette liberté.

Pour les vignerons qui misent sur l’export américain — et ils sont nombreux, du Médoc jusqu’aux appellations de Bourgogne — l’enjeu est simple : continuer à travailler sur la valeur perçue pour absorber le différentiel tarifaire, et espérer que les négociations bilatérales futures puissent aligner la France sur le régime britannique. En attendant, le vin français continue de séduire les Américains — mais avec un handicap de 15 points à l’entrée du pays.

Les amateurs de vins français outre-Atlantique, eux, peuvent simplement continuer à les choisir pour ce qu’ils sont : des bouteilles d’exception qui méritent leur place dans n’importe quelle cave, quel que soit le tarif. Découvrez notre sélection dans notre comparatif de box de vin.

FAQ — Tarifs douaniers USA sur les vins français

Pourquoi les États-Unis ont-ils supprimé les droits de douane sur le Scotch ?

La suppression des droits de douane sur le Scotch whisky est le résultat d’un accord commercial bilatéral entre les États-Unis et le Royaume-Uni, négocié dans le sillage de la visite d’État du roi Charles III à Washington en avril 2026. Donald Trump a choisi de récompenser l’allié britannique par ce geste commercial, mettant fin à une surtaxe héritée du différend aéronautique Boeing/Airbus qui pénalisait le Scotch depuis 2019.

Quel est le tarif douanier américain sur les vins français en 2026 ?

Depuis le 1er juillet 2026, dans le cadre de l’accord commercial UE-US, les vins et spiritueux français sont soumis à un tarif plafond de 15 % à l’entrée des États-Unis. Ce taux s’applique à l’ensemble des vins européens, sans exemption nationale particulière pour la France.

Les prix des vins français vont-ils augmenter aux États-Unis ?

Le tarif de 15 % à l’importation se répercute en partie sur les prix finaux aux consommateurs américains. En pratique, les importateurs et négociants absorbent une part du surcoût pour préserver leur compétitivité face aux vins du Nouveau Monde (non soumis aux mêmes tarifs). Mais les marges se compriment, ce qui peut freiner les investissements marketing et les référencements dans la grande distribution américaine.

Le Cognac est-il plus touché que le vin par ces tarifs ?

Le Cognac est en effet particulièrement exposé. La filière charentaise a enregistré une chute de 23,8 % de ses ventes globales, avec un recul de 21 % des exportations vers les États-Unis, son premier marché. Contrairement à un vin de table, le Cognac se positionne sur le segment premium et ultra-premium, directement concurrencé par un Scotch single malt désormais zéro taxe aux États-Unis : un différentiel compétitif difficile à ignorer.

Sources : The Drinks Business — 24 juillet 2026 · Gouvernement écossais · Tariffs Tool — France 2026 · Le Moci

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Jérémy Degryse

À propos de l'auteur

Jérémy Degryse

Grenoblois de 31 ans, passionné de vin depuis que je suis en âge d'en boire (et même un peu avant 🤫), j’adore chiner des pépites en ligne, déguster un bon Bo...

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