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Sir Sam Neill lors de son anoblissement à Government House Wellington en 2022

Sir Sam Neill (1947-2026) : l’acteur de Jurassic Park qui a planté du pinot noir au bout du monde

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Ce qu'il faut retenir

  • Sir Sam Neill est décédé le 13 juillet 2026 à Sydney, à 78 ans, d’une pneumonie
  • L’acteur de Jurassic Park était aussi vigneron depuis 1993 en Nouvelle-Zélande
  • Son domaine Two Paddocks en Central Otago produisait parmi les meilleurs pinots noirs du pays
  • Pionnier du bio dans la région, il avait certifié ses 4 vignobles en 2017
  • Il avait annoncé sa guérison d’un lymphome en avril 2026 — sa mort a surpris tous ceux qui le suivaient

Il avait survécu aux dinosaures, aux glaciers d’Antarctique et à un lymphome de stade 3. C’est une pneumonie qui a eu raison de Sir Sam Neill, le 13 juillet 2026, à Sydney. Il avait 78 ans. Le monde s’est souvenu de l’acteur de Jurassic Park. Les amateurs de vin, eux, ont surtout pensé à ses vignes — quatre parcelles sur les terres volcaniques du Central Otago, en Nouvelle-Zélande, où il avait planté ses premiers ceps de pinot noir plus de trente ans avant sa mort.

Un acteur dans les vignes, pas pour faire joli

En 1993, Sam Neill achète une parcelle à Gibbston, une petite vallée sculptée dans le schiste du Central Otago, à une heure de Queenstown. Le domaine s’appelle Two Paddocks — les deux paddocks, ces enclos à moutons qu’on convertit alors en rangées de vigne. L’histoire aurait pu s’arrêter là : l’acteur célèbre qui s’offre un vignoble de prestige, comme on s’offre une résidence secondaire.

Mais Sam Neill n’était pas du genre à faire les choses à moitié. Ses amis racontent qu’il avait prévu de garder ses premiers vins pour lui et ses proches. « Le vin n’a pas coopéré et s’est révélé trop bon pour rester à la maison », disait-il, avec ce mélange d’autodérision et de fierté caractéristique des vrais vignerons.

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Il était devenu, au fil des années, l’un des ambassadeurs les plus crédibles du vin néo-zélandais — non pas parce qu’il était célèbre, mais parce qu’il était sérieux. Un propriétaire de domaine anglais l’avait décrit comme « l’antithèse de la star hollywoodienne avec un vignoble : bien plus soucieux de l’honnêteté dans ses vins que d’impressionner les gens ».

Quatre vignobles au bout du monde

Au fil de trois décennies, Two Paddocks est passé d’une seule parcelle à un ensemble de quatre vignobles, tous en Central Otago, une région longtemps considérée comme trop froide pour produire du grand vin rouge. Sam Neill aimait justement ça : défendre un territoire que personne ne regardait encore.

  • The First Paddock, à Gibbston — la parcelle fondatrice, plantée en 1993, d’où tout est parti
  • The Fusilier, à Bannockburn — nommé en hommage à son père, le major Dermot Neill
  • The Last Chance, à Alexandra — l’un des vignobles les plus au sud du monde producteurs de pinot noir, première vendange en 2002
  • Red Bank, également à Alexandra

Sam Neill était le seul producteur du Central Otago à posséder des vignes dans les trois vallées principales de la région. Une singularité qui lui permettait de jouer sur les nuances de terroir, d’altitude et d’exposition solaire dans ses assemblages et cuvées parcellaires.

La philosophie du vin : bio, anti-pompeux, anti-mode

En 2017, Sam Neill certifie l’ensemble de ses vignobles en agriculture biologique. Il n’aimait pas, disait-il, « passer devant des vignes conventionnelles après avoir vu ce que font les herbicides ». Il pratiquait ce qu’il appelait la sobriété dans les intrants — pas de raccourci chimique, pas de traitement préventif systématique.

Sa philosophie du vin tenait en quelques mots : équilibre, finesse, caractère. À une époque où certains pinots noirs de Central Otago viraient vers la puissance et la concentration pour séduire les guides internationaux, Two Paddocks restait fidèle à un style plus borgognon — des vins de garde, élégants, avec de la tenue. « Le vin parle de personnalité et de conversation. De tomber amoureux et de vivre pleinement », résumait-il.

Il combattait ouvertement la prétention dans l’univers du vin. Pas de jargon, pas de posture. Une manière d’aborder la viticulture qui lui ressemblait : directe, humaine, avec un sens de l’humour que n’auraient pas renié les vignerons du coin.

Un pionnier du pinot noir en Nouvelle-Zélande

Il faut replacer l’œuvre de Sam Neill dans son contexte. Quand il plante ses premiers ceps à Gibbston au début des années 1990, la Nouvelle-Zélande viticole se résume pour le monde entier à une chose : le sauvignon blanc de Marlborough. Le pinot noir est une curiosité, le Central Otago est une hypothèse.

Sam Neill fait partie de la poignée de vignerons — souvent des électrons libres, souvent des passionnés sans formation académique — qui ont transformé cette hypothèse en réalité. Le Central Otago produit aujourd’hui certains des pinots noirs les plus réputés de l’hémisphère Sud. Les concours internationaux en témoignent chaque année.

Two Paddocks avait décroché deux médailles d’or à l’International Wine Challenge 2014. Une récompense parmi d’autres, dans une trajectoire constante de qualité.

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La mort inattendue d’un homme qui pensait avoir gagné

En avril 2026, Sir Sam Neill avait annoncé une nouvelle qui avait ému ses fans dans le monde entier : il était guéri. Le lymphome T angioimmunoblastique de stade 3, diagnostiqué en 2022 et rendu public en 2023 dans son autobiographie Did I Ever Tell You This?, avait été vaincu par une thérapie CAR-T.

Sa mort, le 13 juillet 2026, d’une pneumonie sans lien avec son cancer, a d’autant plus surpris ceux qui le suivaient. Son agent a tenu à préciser les faits, pour « corriger les inexactitudes » circulant dans les premiers rapports. Il n’est pas mort de son cancer. Il était parti vers autre chose — guéri d’une chose, emporté par une autre.

Il laisse derrière lui quatre vignobles en pleine santé, une équipe de vignerons formés à sa philosophie, et des bouteilles qui continueront à parler de lui pendant des années. C’est peut-être le meilleur hommage qu’un vigneron puisse espérer.

Questions fréquentes sur Sam Neill vigneron

Où se trouve le domaine Two Paddocks de Sam Neill ?

Two Paddocks est situé en Central Otago, dans l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Le domaine possède quatre vignobles répartis dans les vallées de Gibbston, Bannockburn et Alexandra — faisant de Sam Neill le seul producteur de la région à couvrir ces trois zones distinctes.

Quel vin produisait Sam Neill ?

Two Paddocks est spécialisé dans le pinot noir, cépage phare du Central Otago. Le domaine produit des cuvées d’assemblage et des vins parcellaires (single vineyard), ainsi que du chardonnay, du riesling et du rosé. Tous les vignobles sont certifiés bio depuis le millésime 2017.

Comment Sam Neill est-il décédé ?

Sir Sam Neill est décédé le 13 juillet 2026 à Sydney, d’une pneumonie. Sa mort est survenue de manière inattendue, plusieurs semaines après avoir annoncé publiquement sa guérison d’un lymphome T angioimmunoblastique qu’il avait combattu depuis 2022. La cause du décès — une pneumonie, sans lien avec son cancer — a été confirmée par son agent.

Peut-on encore acheter les vins de Two Paddocks ?

Oui. Two Paddocks est un domaine établi avec une équipe en place. La disparition de Sam Neill ne remet pas en cause la continuité du domaine, dont les vins sont distribués en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Royaume-Uni et dans plusieurs pays d’Europe. Les millésimes 2024 et 2025, vendangés avant son décès, seront disponibles normalement.


Le vin a cela de particulier qu’il survit à ceux qui le font. Les bouteilles de Two Paddocks continueront d’être débouchées pendant des années, dans des cuisines, à des tables d’amis, lors de grandes occasions. Et chaque fois, quelqu’un se souviendra que derrière ce pinot noir néo-zélandais élégant et sans chichi, il y avait un acteur qui aimait autant les dinosaures que les vignes. Découvrir nos sélections de vins en box.

Photo : Sir Sam Neill lors de son anoblissement, Government House Wellington, 2022 (New Zealand Government / CC0). À titre d’illustration.

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Jérémy Degryse

À propos de l'auteur

Jérémy Degryse

Grenoblois de 31 ans, passionné de vin depuis que je suis en âge d'en boire (et même un peu avant 🤫), j’adore chiner des pépites en ligne, déguster un bon Bo...

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