L'essentiel en 30 secondes
- Sur le marché secondaire, les prix du champagne de prestige restent quasi stables en 2026 : l’indice Liv-ex Champagne 50 ne gagne que 2,6 % sur un an.
- Pour les négociants londoniens interrogés par Decanter le 23 septembre, c’est encore un marché d’acheteurs : « on trouve toujours de bonnes affaires ».
- Exemple parlant : le Salon 2012, sorti à 5 800 livres la caisse de 12 en 2021, grimpé à 13 300 livres, s’échange aujourd’hui entre 7 000 et 8 000 livres.
- Les grands millésimes 2018, 2019 et 2020 arrivent sur le marché et ajoutent de l’offre : pas de flambée attendue à court terme.
- Pour l’amateur, c’est une fenêtre pour s’offrir une grande cuvée à un prix plus raisonnable qu’en 2022.
Il y a quatre ans, les plus grandes cuvées de Champagne s’arrachaient à des prix qui donnaient le vertige. En 2026, le décor a changé. Selon un point de marché publié ce 23 septembre par le magazine britannique Decanter, les prix des champagnes de prestige se sont installés sur un plateau, et ce sont désormais les acheteurs qui ont la main.
Salon, Krug, Cristal, Selosse : les noms que les collectionneurs se disputaient pendant l’euphorie de 2020 à 2022 se négocient aujourd’hui avec beaucoup plus de calme. Une bonne nouvelle pour qui rêve d’ouvrir une grande bouteille, un peu moins pour les maisons champenoises.

Un plateau plutôt qu’une chute
Le constat vient de ceux qui font le marché. Geraint Carter, du négociant international Bordeaux Index, décrit des prix de vins fins « plutôt plats » en 2026, avec une légère hausse pour quelques grands noms après un petit rebond fin 2025. Le champagne de prestige fait partie des segments qui s’en sortent le mieux, sans pour autant décoller.
Les chiffres de Liv-ex, la place de marché mondiale des professionnels du vin, vont dans le même sens. Au 30 juillet, l’indice général Liv-ex 1000 gagnait 1,2 % sur douze mois. Son sous-indice Champagne 50 faisait un peu mieux : +0,9 % sur le seul mois de juillet, +2,6 % sur un an et +8,7 % sur cinq ans.
Chez Vinum Fine Wines, Miles Davis résume la situation : « Les prix sont globalement stables, mais c’est toujours un marché d’acheteurs. On peut encore faire de bonnes affaires. » Son entreprise a d’ailleurs vu les ventes de champagne repartir nettement en juillet, tirées par Salon, puis par Cristal Rosé, Krug et Jacques Selosse.
Salon 2012, le cas d’école
Pour mesurer le chemin parcouru, Liv-ex a analysé le parcours du Salon 2012, blanc de blancs mythique de la Côte des Blancs, produit seulement dans les grandes années.
2021, sortie du millésime : 5 800 livres la caisse de 12 bouteilles, en entrepôt sous douane.
Pic de l’euphorie : 13 300 livres la caisse, plus du double du prix de sortie, atteint très vite.
Septembre 2026 : entre 7 000 et 8 000 livres la caisse, soit environ 580 à 670 livres la bouteille hors droits et taxes.
Autrement dit, le vin a perdu entre 40 et 47 % par rapport à son sommet, tout en restant au-dessus de son prix de sortie. C’est exactement ce que Geraint Carter veut dire quand il affirme que le haut de gamme champenois « a encaissé sa correction ». Et d’ajouter : « C’est le moment idéal pour acheter du champagne, avec une telle qualité disponible. »
Pourquoi les prix ne devraient pas repartir tout de suite
Le premier frein, c’est l’offre. Les millésimes 2018, 2019 et 2020, tous trois jugés excellents, arrivent progressivement sur le marché. Ils ajoutent des volumes importants au sommet de la gamme, au moment où la demande est au mieux stable. Bordeaux Index ne s’attend donc pas à une envolée à court terme, compte tenu des stocks disponibles.
Le second frein se trouve à l’autre bout de la gamme. Dans son éditorial, Decanter rappelle que la consommation et les expéditions de champagne continuent de reculer sur le segment grand public. Le magazine estime que la priorité doit être de « remettre les consommateurs à boire du champagne », et que les hausses de prix devraient être exclues pour l’instant. Un message difficile à entendre en Champagne, où les coûts de production ont fortement augmenté en dix ans.

À plus long terme, le raisonnement s’inverse. Les aléas climatiques se multiplient, et la vendange 2026 l’a montré : un tiers de raisins en moins en Champagne, mais un potentiel de très grands vins. Des récoltes plus petites et plus irrégulières finiront par peser sur les prix. S’y ajoutent des menaces à l’export, comme le projet allemand de taxe de 20 % sur les bulles, alors que le champagne reste l’un des rares moteurs des exportations françaises de vin.
Ce que ça change pour vous
Pour un amateur qui n’achète pas au prix de la caisse sous douane, la tendance se lit surtout chez les cavistes et dans les ventes aux enchères, où les grandes cuvées de champagne se négocient avec moins de fièvre qu’il y a trois ans. Si vous pensiez vous offrir un Krug, un Salon ou un Selosse pour une grande occasion, la période est plus favorable qu’en 2022. Pensez toutefois à acheter auprès de circuits qui documentent la provenance, cavistes reconnus ou maisons de ventes, où d’autres vins, eux, ont battu des records cet été.
Pas besoin d’aller aussi haut pour se faire plaisir. Les blancs de blancs de vignerons de la Côte des Blancs, comme ceux de Larmandier-Bernier, donnent une idée du style Salon à une fraction du prix. Pour découvrir des cuvées de vignerons sans passer des heures à chercher, notre sélection de box champagne compare les formules du moment. Et si vous préparez déjà les cadeaux de fin d’année pour vos clients ou vos équipes, nos coffrets vin pour entreprises incluent des options autour des bulles.
Dernier conseil pour une grande bouteille : inutile de la finir d’un coup si vous n’êtes que deux. Notre guide du Coravin détaille les solutions pour conserver un vin ouvert, y compris le système prévu pour les effervescents.
Questions fréquentes sur les prix du champagne de prestige
Les prix du champagne de prestige baissent-ils en 2026 ?
Ils sont surtout stables. L’indice Liv-ex Champagne 50 progresse de 2,6 % sur un an au 30 juillet 2026, après une forte correction qui a suivi l’euphorie de 2020 à 2022. Certaines cuvées restent nettement sous leur pic, comme le Salon 2012, de 40 à 47 % en dessous de son sommet.
Quelles cuvées de champagne se vendent le mieux sur le marché secondaire ?
Selon le négociant londonien Vinum Fine Wines, cité par Decanter, les meilleures ventes de l’été 2026 ont été Salon, puis Cristal Rosé de Louis Roederer, Krug et Jacques Selosse.
Les prix vont-ils remonter bientôt ?
Les négociants interrogés n’y croient pas à court terme. Les grands millésimes 2018, 2019 et 2020 ajoutent de l’offre, alors que la demande est au mieux stable. À plus long terme, des récoltes plus faibles liées au climat pourraient faire repartir les prix.
Qu’est-ce que l’indice Liv-ex Champagne 50 ?
C’est un indice calculé par Liv-ex, la place de marché mondiale des professionnels du vin fin. Il suit l’évolution des prix de 50 références de champagnes de prestige, quelques grandes cuvées déclinées sur leurs derniers millésimes, échangées sur le marché secondaire.
Sources : Decanter, « Wine investment: a great time to be a Champagne buyer », Chris Mercer (23 septembre 2026), avec les données Liv-ex et les propos de Bordeaux Index et Vinum Fine Wines.
Crédits photos. À la une : maison Krug, boulevard Lundy à Reims, G.Garitan, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 (recadrée). Bouteille de Salon : Agne27, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Grands formats de champagne : ADT Marne, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
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