- Campagne terminée : sorties du 30 avril (Pontet-Canet) à mi-juin 2026, livraison des bouteilles début 2028
- Notes : grand millésime pour les critiques, avec des 100/100 pour Mouton Rothschild (Falstaff, Jane Anson), Haut-Brion (Jean-Marc Quarin) ou Ausone (Falstaff)
- Prix : Lafite 405 € et Cheval Blanc 336 € ex-négoce (+20 %), Mouton 300 € (+19 %), Palmer +28 %, Cos d’Estournel +4 %
- Verdict marché : selon WineCap, moins de 10 châteaux sur 130 vins analysés ont fixé un prix qui justifiait l’achat en primeur
- Notre conseil : acheter en primeur seulement les vins sortis nettement sous leurs millésimes comparables déjà en bouteille
Mis à jour le 27 septembre 2026 : campagne close, prix de sortie définitifs vérifiés, tableau des notes des critiques et bilan du marché ajoutés.
La campagne des primeurs Bordeaux 2025 est terminée. Les châteaux ont tous sorti leurs prix entre fin avril et mi-juin 2026, les critiques ont publié leurs notes, et les premiers bilans commerciaux sont tombés. Il reste la question qui compte pour un amateur : le millésime 2025 méritait-il d’être acheté en primeur, et est-il encore temps de s’y intéresser ? Voici les notes, les prix et notre réponse, sans langue de bois.
Pourquoi 2025 est un millésime à part
L’été 2025 avait tout pour mal tourner : chaleur, sécheresse prolongée, baies sous stress hydrique. Des pluies sont arrivées fin août, juste à temps pour que les raisins terminent leur maturation dans de bonnes conditions. La récolte a été minuscule, avec des rendements parmi les plus bas depuis 1991 (autour de 27 hl/ha en moyenne selon les bilans de fin de campagne), mais la qualité a surpris tout le monde.
Les vins affichent une concentration élevée sans lourdeur, des alcools raisonnables pour une année chaude (souvent autour de 13 %, quand 2022 approchait fréquemment 15 %), des tanins fins et une acidité qui promet une longue garde. Neal Martin (Vinous) le décrit comme « un 2010 plus précis et moins démonstratif », Jeb Dunnuck le rapproche d’« une version moderne de 1961 », et Pierre-Olivier Clouet, directeur de Cheval Blanc, a résumé l’année d’une formule : « 2010 sans l’alcool ».
Les notes des primeurs Bordeaux 2025 : ce que disent les critiques
Les notes en primeur sont données sur des échantillons de barrique, en fourchette (par exemple 98-100), parce que le vin n’est pas encore assemblé et mis en bouteille. Elles seront confirmées ou corrigées lors des dégustations en bouteille, à partir de 2028. Voici les notes relevées au moment des sorties sur les vins les plus suivis.
| Château | Appellation | Notes principales en primeur |
|---|---|---|
| Mouton Rothschild | Pauillac, 1er cru | 100 Falstaff · 100 Jane Anson · 99-100 James Suckling · 98 Decanter |
| Haut-Brion | Pessac-Léognan, 1er cru | 100 Jean-Marc Quarin · 98-100 Wine Advocate · 98-100 Vinous · 98-99 Suckling · 98 Decanter |
| Ausone | Saint-Émilion | 100 Falstaff · 97-99 Wine Advocate · 97 Jane Anson · 96 Decanter |
| Lafite Rothschild | Pauillac, 1er cru | 99 Suckling · 97-99 Antonio Galloni · 97 Decanter · 4 étoiles Terre de Vins |
| Pavie | Saint-Émilion | 98-99 Suckling · 98 Jane Anson · 97 Decanter |
| Cos d’Estournel | Saint-Estèphe | 98-99 Suckling · 97-98 Alexandre Ma |
| Pontet-Canet | Pauillac | 98 Suckling · 98 Vinous · 97 Decanter · 4 étoiles Terre de Vins |
| La Mission Haut-Brion | Pessac-Léognan | 97-99 Galloni · 96-97 Suckling · 96 Decanter |
| Cheval Blanc | Saint-Émilion | 96-99 Galloni · 97-98 Alexandre Ma · 96 Decanter |
Au-delà des chiffres, les coups de cœur des critiques se recoupent. Château Margaux et Petrus reviennent chez presque tous : Antonio Galloni fait de Margaux l’appellation du millésime, James Suckling cite Margaux, Petrus, Lafite, Ausone et Angélus, Georgie Hindle (Decanter) retient Margaux, Petrus, Haut-Brion et Cheval Blanc. Jane Anson désigne Beauséjour Duffau-Lagarrosse comme vin du millésime, Neal Martin met en avant Montrose, Haut-Brion, Petrus et Lafite, et James Lawther (Jancis Robinson) Mouton Rothschild, Cheval Blanc et Pavie.
Du côté français, le palmarès de Terre de Vins attribue sa note maximale (4 étoiles, 99-100) à quatre vins seulement : Lafleur (sorti de l’AOC Pomerol et vendu en Vin de France), Lafite Rothschild, Pontet-Canet et Canon. Le détail est dans notre palmarès Terre de Vins des primeurs 2025.

Les prix de sortie : presque tout le monde a monté
Face à un millésime salué par la critique, la plupart des châteaux ont relevé leurs prix après une campagne 2024 en forte baisse. Les premiers crus ont donné le ton avec des hausses de 20 % environ. Les prix ci-dessous sont des prix de sortie « ex-négoce » (hors taxes, payés par le négociant) : le prix payé par un particulier chez un caviste ou un site de primeurs est plus élevé.
| Château | Prix de sortie ex-négoce | Évolution vs 2024 |
|---|---|---|
| Lafite Rothschild | 405 € | +20 % |
| Cheval Blanc | 336 € | +20 % |
| Mouton Rothschild | 300 € | +19 % |
| Palmer | 239 € | +28 % |
| Cos d’Estournel | 105 € | +4 % |
| Lynch-Bages | 86 € | +19 % |
| Léoville Barton | 69 € | +13 % |
| Pontet-Canet | 58 € HT (premier à sortir, 30 avril) | stable |
| Canon-La Gaffelière | 56 € | +7 % |
| Branaire-Ducru | 43 € | +16 % |
Côté prix consommateur, les grands vins sont sortis chez les marchands autour de 390 € TTC pour Haut-Brion, 511 € TTC pour Ausone et 204,90 € TTC pour La Mission Haut-Brion, dont le prix est resté stable. Cheval Blanc a justifié sa hausse par la rareté : 55 000 bouteilles seulement, la plus petite récolte du domaine depuis 1961, sans second vin.
Le bilan de la campagne : qui a joué le jeu
Les professionnels appliquent une règle simple : un vin en primeur doit coûter au moins 20 % de moins qu’un millésime comparable déjà disponible en bouteille, sinon rien ne justifie d’immobiliser son argent deux ans. Après la clôture, le négociant WineCap a passé au crible 130 vins importants de la campagne : moins de 10 châteaux ont respecté cette logique.
- Les bons élèves : Lafite Rothschild (sorti sous ses 2016 et 2018 malgré la hausse), Léoville Las Cases (sous ses 2018, 2019 et 2020), Château Margaux et Ducru-Beaucaillou.
- Les déceptions : Montrose (+21 %) et Haut-Batailley (+10 %), avec une bonne partie du peloton des crus classés.
- Le cas à part : Cheval Blanc, +20 % pour une récolte divisée par deux, un pari sur la rareté qui divise les professionnels.
Le contexte explique la prudence des acheteurs : d’après WineCap, les vins achetés en primeur entre 2020 et 2024 ont perdu en moyenne 13 % de leur valeur sur le marché secondaire depuis leur sortie. Le détail château par château est dans notre bilan des primeurs 2025 : 10 châteaux sur 130.

Faut-il encore acheter du Bordeaux 2025 en primeur ?
Acheter en primeur, c’est payer aujourd’hui un vin livré début 2028, avec deux ans de capital immobilisé et un risque sur l’intermédiaire. Plusieurs sites de primeurs gardent des allocations 2025 en vente après la campagne, souvent au prix de sortie. La question n’est donc plus « faut-il se précipiter ? » mais « ce vin précis vaut-il son prix ? ».
Oui pour les grands vins très demandés et produits en petite quantité : leurs allocations sont limitées et leur prix grimpe souvent à la livraison. Pour eux, le primeur reste la porte d’entrée la plus fiable. Plutôt non pour la majorité des crus classés sortis en hausse : l’historique récent montre qu’on les retrouve fréquemment moins cher une fois en bouteille, sans attente ni risque.
Trois profils d’acheteurs, trois stratégies
L’amateur curieux (moins de 50 € la bouteille) : les grandes étiquettes ne sont pas pour vous en primeur. Visez les crus bourgeois et petits crus classés des bons terroirs, ou attendez l’arrivée des 2025 en bouteille chez les cavistes en 2028, et apprenez à reconnaître les cabernets sauvignons et merlots qui font la signature de chaque rive.
Le collectionneur (50 à 300 €) : c’est là que le tri paie le plus. Privilégiez les vins sortis stables ou en faible hausse avec de très bonnes notes, comme Pontet-Canet ou Cos d’Estournel, et vérifiez le prix de leurs millésimes 2019 et 2020 avant de signer. Un Coravin vous permettra ensuite de suivre l’évolution de vos bouteilles sans les déboucher.
L’investisseur en grands crus (plus de 300 €) : si vous cherchez Lafite, Mouton, Haut-Brion, Ausone ou Cheval Blanc pour 20 ans de garde, le primeur reste souvent la seule voie. Passez par un négociant solide, vérifiez les conditions de stockage et la traçabilité des caisses.
Et la suite ? Le millésime 2026, vendangé lors d’un été record, sera goûté en primeur au printemps 2027. Nous suivons déjà sa naissance dans notre article sur le Bordeaux 2026, millésime le plus chaud depuis 1893.
Questions fréquentes sur les primeurs Bordeaux 2025
Quelles sont les meilleures notes des primeurs Bordeaux 2025 ?
Plusieurs vins ont obtenu 100/100 chez au moins un critique : Mouton Rothschild (Falstaff, Jane Anson), Haut-Brion (Jean-Marc Quarin) et Ausone (Falstaff). Terre de Vins donne sa note maximale à Lafleur, Lafite Rothschild, Pontet-Canet et Canon. Château Margaux et Petrus figurent parmi les coups de cœur de presque tous les critiques.
Le millésime 2025 à Bordeaux est-il un grand millésime ?
Oui pour les meilleurs terroirs, selon la quasi-totalité des critiques : fraîcheur, alcools modérés pour une année chaude, tanins fins. Il reste hétérogène : les terroirs plus modestes ont davantage souffert de la chaleur et de la sécheresse. Neal Martin le compare à un 2010 plus précis, Jeb Dunnuck à un 1961 moderne.
Quel est le prix de sortie de Lafite et Mouton Rothschild 2025 ?
Lafite Rothschild 2025 est sorti à 405 € ex-négoce (+20 % sur 2024) et Mouton Rothschild à 300 € ex-négoce (+19 %). Le prix payé par un particulier chez un marchand est plus élevé, avec la marge et la TVA.
Qu’est-ce qu’un primeur à Bordeaux exactement ?
Un vin vendu avant sa mise en bouteille. L’acheteur paie pendant la campagne, au printemps qui suit la récolte, et reçoit ses bouteilles 18 à 24 mois plus tard. Le système finance la trésorerie des châteaux et permet aux acheteurs de sécuriser des vins rares.
Quand seront livrés les primeurs 2025 ?
La plupart des bordeaux 2025 seront mis en bouteille puis livrés au premier semestre 2028, soit environ deux ans après l’achat. Le calendrier exact dépend de l’élevage de chaque château.
Peut-on encore acheter des primeurs 2025 après la campagne ?
Oui. Les négociants et sites spécialisés (Millésima, iDealwine et d’autres) gardent souvent des allocations en vente jusqu’à la livraison. Comparez le prix proposé avec celui des millésimes voisins en bouteille, et vérifiez la solidité financière de l’intermédiaire : une faillite avant livraison reste un risque réel.
Quelles alternatives aux primeurs pour profiter de 2025 ?
Attendre l’arrivée des vins en bouteille à partir de 2028. Pour les crus classés « courants », l’attente est souvent payante. Pour les vins rares, l’offre s’épuise vite. En attendant, les grands millésimes 2016, 2019 et 2020 sont disponibles tout de suite.
Découvrez nos sélections de vins de Bordeaux
Chaque mois, une box soigneusement choisie pour explorer les meilleurs terroirs
Découvrir la box vin →À lire aussi
Foire aux vins Leclerc 2026 : catalogue, dates et notre sélection vérifiée
Foire aux vins Auchan 2026 : du 25 septembre, des vins de vignerons et des pépites Bordeaux sous 10 €
Foire aux vins Carrefour automne 2026 : dates, pépites RVF et nos conseils pour bien acheter
Qui est Romy Castel ? Portrait de l héritière discrète du géant du vin français
Foire aux vins Lidl automne 2026 : dates, catalogue et meilleures bouteilles
Foire aux vins Intermarché automne 2026 : dates, catalogue en ligne et conseils d’achat






Connexion rapide pour commenter :