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Bâtiments de la Cour suprême de Singapour, où se joue la gouvernance du groupe Castel

Affaire Castel : la justice de Singapour ouvre le conseil d’IBBM au camp Romy Castel avant le verdict du 2 octobre


Affaire Castel en bref

  • Le 25 septembre 2026, la Haute Cour de Singapour a rendu une injonction provisoire dans le dossier IBBM, la société de tête du groupe Castel.
  • Elle impose le dépôt auprès du régulateur financier singapourien (MAS) d’une demande d’agrément pour trois nouveaux administrateurs proposés par le camp de Romy Castel.
  • Selon Ecomatin, Romy Castel et ses alliés détiennent ensemble 72,33 % d’IBBM.
  • Le camp de Gregory Clerc parle d’une décision « purement technique », sans effet sur la marche du groupe.
  • La décision au fond sur la révocation de février est attendue le 2 octobre 2026.

Le feuilleton Castel avait marqué une pause pendant les vendanges. Il repart à Singapour. Le 25 septembre, la Haute Cour de la cité-État a rendu une injonction provisoire qui ouvre la porte du conseil d’administration d’IBBM, la société qui coiffe tout le groupe, à trois administrateurs choisis par Romy Castel, la fille du fondateur. Ce n’est pas encore la fin de la bataille, mais c’est la première décision de justice de l’automne, et elle tombe une semaine avant l’audience qui doit trancher le fond.

Ce que la justice de Singapour a décidé le 25 septembre

D’après Vitisphere et Ecomatin, la Haute Cour exige qu’une demande d’agrément soit déposée auprès de la Monetary Authority of Singapore (MAS), le régulateur financier local, pour trois nouveaux administrateurs d’IBBM : Philippe Damas, François Wertheimer et Chua Pin. Tous trois ont été proposés par Romy Castel et ses alliés, Gilles Martignac et Guy De Clercq.

Pourquoi passer par le régulateur ? Parce qu’IBBM gère un fonds, l’Investment Beverage Business Fund, placé au cœur de l’architecture patrimoniale laissée par Pierre Castel. Toute modification de son conseil doit donc être validée par l’autorité financière. Le jugement ne nomme pas les trois administrateurs : il oblige à lancer la procédure qui le permettra.

Le texte rappelle aussi la répartition du capital, telle que rapportée par Ecomatin : 72,33 % pour le bloc Romy Castel, Gilles Martignac et Guy De Clercq, 24,33 % pour Michel Palu et 3,33 % pour Pierre Baer. C’est ce même bloc majoritaire qui a voté à plusieurs reprises la révocation de Gregory Clerc, comme nous le racontions lors de la troisième révocation du 3 août.

Deux lectures opposées d’une même décision

Côté famille, le ton est à la victoire. « L’aventure Castel se poursuit. C’est un pas en avant », a déclaré Romy Castel à Vitisphere. Auprès d’Ecomatin, elle parle d’« une avancée cruciale » pour mettre fin à ce qu’elle présente comme une tentative de Gregory Clerc de garder la main sur le groupe.

Côté direction, on minimise. L’entourage de Gregory Clerc se dit « serein » et qualifie la décision de « purement technique ». Les holdings qui le soutiennent, DF Holding et Cassiopée, répètent leur argument central : IBBM ne serait qu’une société de gestion, sans pouvoir de décision sur les filiales opérationnelles. Un proche de la famille, cité par Vitisphere, soutient exactement l’inverse : celui qui contrôle IBBM contrôle toute la structure en dessous.

Tout le dossier tient dans cette opposition. Si IBBM commande la chaîne, la famille a déjà gagné par les urnes. Si elle ne la commande pas, trois votes de révocation n’y changent rien.

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Le 2 octobre, l’audience qui peut tout changer

La prochaine étape est fixée au 2 octobre 2026. La Haute Cour doit alors se prononcer au fond sur la révocation de deux administrateurs d’IBBM, dont Gregory Clerc, votée en février. C’est la décision que les deux camps attendent depuis le début de la crise, et la première qui pourrait trancher la question du pouvoir réel.

Le volet pénal, lui, avance en ordre dispersé. Fin juillet, Romy Castel avait déposé plainte à Genève pour gestion déloyale et blanchiment, et Alain Castel au Luxembourg pour abus de biens sociaux, visant Gregory Clerc. Selon Vitisphere, le parquet luxembourgeois a classé la plainte d’Alain Castel en deux semaines, ses avocats indiquant que le litige se poursuit sur le terrain du conflit entre associés. L’avocat de Gregory Clerc qualifie ces accusations de « totalement fausses ». De son côté, Romy Castel reste visée par une procédure pénale à Genève pour faux. Toutes les personnes citées sont présumées innocentes.

Et dans les rayons ?

Rien ne bouge pour l’instant. Castel reste le premier opérateur du vin de consommation courante en France, avec ses domaines du Bordelais et ses marques vendues en grande distribution, et les deux camps assurent que l’activité tourne normalement. La vraie question porte sur la suite : une gouvernance familiale ou une direction externe ne mèneront pas forcément la même stratégie, à l’heure où la filière affronte des stocks lourds et des ventes en recul. Nous suivrons le verdict du 2 octobre.

En attendant, si vous préférez découvrir des vins de vignerons indépendants plutôt que suivre les batailles des grands groupes, notre sélection de box vin est un bon point de départ.

Vos questions sur l’affaire Castel

Qu’a décidé la Haute Cour de Singapour le 25 septembre 2026 ?

Une injonction provisoire imposant le dépôt, auprès du régulateur financier singapourien (MAS), d’une demande d’agrément pour trois nouveaux administrateurs d’IBBM proposés par Romy Castel et ses alliés : Philippe Damas, François Wertheimer et Chua Pin.

Gregory Clerc a-t-il quitté la direction du groupe Castel ?

Non. Malgré plusieurs votes de révocation de son mandat d’administrateur d’IBBM, il reste aux commandes. Son camp estime que la décision du 25 septembre est technique et n’affecte pas la gestion opérationnelle.

Que va-t-il se passer le 2 octobre 2026 ?

La Haute Cour de Singapour doit statuer au fond sur la révocation, votée en février 2026, de deux administrateurs d’IBBM, dont Gregory Clerc. C’est la décision la plus attendue du dossier.

Sources : Vitisphere (25 septembre 2026 et 30 juillet 2026), Ecomatin (26 septembre 2026). Photo à la une : Cour suprême de Singapour, Zairon, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.



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