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Grappes de pinot noir au vignoble de recherche de l Oregon State University

Dans l’Oregon, le futur du vin se plante en 2027

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Le prochain cépage qui changera votre verre ne porte pas encore de nom sur une étiquette. Dans l’Oregon, des chercheurs préparent des plantations d’essai pour 2027 afin de trouver des raisins capables de donner un bon vin tout en résistant mieux à l’oïdium. La nouvelle, détaillée le 9 octobre par l’Oregon State University, raconte une recherche patiente : avant de promettre un « vin du futur », il faut vérifier ce que la vigne donne réellement dans une parcelle, puis dans un verre.

Ce que prépare l'Oregon

  • De nouvelles variétés de raisins de cuve seront plantées en essai à partir du printemps 2027.
  • La sélection vise à réunir qualité du vin et résistance à l’oïdium.
  • Environ 40 candidates ont été examinées avant un tri adapté au climat local.
  • Les chercheurs observent aussi depuis des années les effets des porte-greffes sur le pinot noir.
  • Les premières dégustations demanderont encore du temps : aucun vin commercial n’est annoncé.

Un vignoble d’essai, pas une nouvelle bouteille en rayon

Le 9 octobre, l’Oregon State University Extension Service a détaillé les projets de Patty Skinkis, spécialiste de la viticulture. À Woodhall Vineyard, l’équipe compte planter au printemps 2027 des variétés améliorées, choisies pour leurs qualités de vinification et leur résistance à l’oïdium. D’autres plants devraient suivre en 2028. Un autre essai de variétés améliorées est prévu à partir de 2027 dans le sud de l’Oregon.

Le terme « améliorées » désigne ici des variétés issues de croisements et de sélection. Il ne signifie ni qu’un raisin précis a déjà gagné, ni que son vin sera commercialisé l’an prochain. Skinkis a consulté des chercheurs, établi une liste d’environ 40 candidates, puis l’a réduite selon le climat de l’Oregon, la disponibilité en pépinière et les règles de quarantaine. Les essais doivent accueillir des raisins rouges et blancs, mais l’université ne donne pas encore de palmarès variétal.

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Pourquoi la résistance intéresse aussi les amateurs

L’oïdium peut imposer des traitements répétés dans les vignes. Une résistance plus forte pourrait donc intéresser les exploitations qui cherchent à réduire leurs interventions, notamment en agriculture biologique ou biodynamique. Mais ce gain n’aurait guère d’intérêt pour l’amateur si le vin perdait en plaisir. C’est tout le sens de la double exigence retenue par l’équipe : résistance et qualité dans le verre.

Pour mesurer la distance entre l’essai et la dégustation, il suffit de regarder le calendrier du domaine de recherche :

1997 : plantation d’un essai de porte-greffes sur le pinot noir à Woodhall.

2019 : reprise des mesures intensives sur ces vignes déjà adultes.

2027 : début prévu des nouvelles plantations de variétés sélectionnées pour la résistance et la qualité.

2028 : arrivée attendue de matériel végétal supplémentaire.

Ce calendrier, publié par l’Oregon State University, rappelle qu’une annonce de plantation n’est pas une annonce de millésime. Il faudra laisser pousser les ceps, récolter suffisamment de raisins, vinifier, puis déguster avant de juger.

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Le pinot noir fournit déjà une leçon utile

En attendant les nouvelles variétés, Woodhall dispose d’un essai commencé en 1997 sur les porte-greffes du pinot noir. Les vignes ont aujourd’hui près de 29 ans et sont cultivées sans irrigation régulière depuis au moins 19 ans, selon l’université. L’équipe compare leur vigueur, leur rendement, leur stress hydrique et la composition des fruits.

Sur cette parcelle, les porte-greffes 5BB et 1103P ont produit de grandes surfaces de feuillage tout en montrant relativement peu de stress hydrique. À l’inverse, Riparia Gloire donne des ceps plus petits sans échapper au stress. Cela ne constitue pas un classement universel : le résultat dépend du lieu et des conditions de culture. Une vigne très vigoureuse peut même présenter des contreparties, comme une nouaison moins favorable dans certains cas.

La leçon pour le lecteur est concrète. Le goût d’un vin ne tient pas au seul nom du cépage sur l’étiquette. La façon dont le plant est adapté à sa parcelle compte aussi. L’équipe étudie désormais le potassium, l’acidité, le pH et l’azote des raisins. Ces mesures pourraient aider les vignerons à choisir le bon couple cépage et porte-greffe pour un site donné.

En France, une autre pièce du même puzzle

Le travail américain ne se confond pas avec celui mené en France sur la conservation des cépages. La collection de Vassal et ses 150 ans d’histoire, racontée ce matin sur Vinabox, préserve une diversité végétale que les chercheurs pourront étudier. À Woodhall, la question porte surtout sur la performance de nouveaux plants dans les conditions de l’Oregon. Préserver la diversité et tester la résistance sont deux démarches complémentaires, avec des calendriers différents.

Pour l’amateur curieux, le bon réflexe reste de goûter sans préjugé, qu’il s’agisse d’un chardonnay familier ou d’un raisin encore méconnu. Les futures variétés de l’Oregon n’ont pas encore livré de bouteilles à comparer. Si vous souhaitez déjà explorer des styles variés, le guide des box vin donne des pistes pour choisir une découverte adaptée à vos goûts.

Source principale : Oregon State University Extension Service, article de Chris Branam publié le 9 octobre 2026. Photo à la une : raisins de pinot noir, © Lynn Ketchum / Oregon State University.



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